Folie des grandeurs ou simple délire ?

Jamais les Congolais n’avaient tant donné l’impression de s’amuser aux dépens de leur propre pays que quand ce dernier souffre dans sa chair et son sang.

« Chance eloko pamba », a entonné en son temps un chansonnier congolais qui ne manquait généralement pas d’imagination, pour se gausser de la culture de la facilité, de la paresse et de l’aventure qui s’est installée dans le fief de plusieurs des compatriotes.

Après les différents épisodes, les uns plus sanglants que les autres, qui ont émaillé l’histoire de la République démocratique du Congo depuis l’indépendance, le compte n’était toujours pas bon et le vase était loin de déborder.

Voilà qu’à son tour, Corneille Nangaa l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), puni pour les performances qu’on lui connaît par le trésor américain, se découvre tout d’un coup à la fois les talents d’un leader et les épaules d’un rebelle. Il ne dit  pas évidemment sur combien de cadavres il entend marcher pour combler son ambition. On sait cependant qu’il ne s’est pas trop torturé la conscience pour s’afficher aux côtés de celui qui lui servira de modèle, le sinistre Bertrand Bisimwa, l’homme fort du M23 qui endeuille et pille l’Est du pays avec le soutien constant du Rwandais Paul Kagamé.

Chance eloko pamba. La chance sourit à celui qui la provoque. Il suffit seulement de vouloir, d’essayer et de tirer le coup de feu pour que le fruit, mûr ou pas mûr, tombe quand même.

Il reste, naturellement, à se poser la question qui compte. Corneille Nangaa ne se trompe-t-il pas ? Faut-il, pour tenter sa chance, provoquer tous les modèles au point de ne pas s’interroger sur ce que veulent réellement les Congolais à cette étape de leur histoire ? Est-ce là le message que les foules immenses qui se sont alignées derrière les différents candidats ont voulu transmettre et le leader qu’ils ont choisi pour la nouvelle aventure de l’ancien président de la Céni s’appelle-il Corneille Nangaa ou ce dernier n’est-il que l’arbre qui cache l’immense forêt de la convoitise et du crime ?

On attendra la réponse des Congolais eux-mêmes sur la base des épreuves de l’histoire et des projets de société qui leur sont proposés. Le rendez-vous de ce mercredi 20 décembre 2023 sera à cet égard déterminant.

Corneille Nangaa a pour sa part choisi de coaliser avec le M23 et d’autres forces négatives d’obédience du Rwanda. Il a pensé duper les Congolais en faisant sa déclaration à partir de Nairobi, comme s’il suffisait d’une simple posture pour se dédouaner de la tutelle rwandaise.

Près de trente ans après, Corneille Nangaa a voulu recréer pour son propre confort et celui de ses commanditaires la nouvelle version de l’ADFL, dont on sait ce qu’en pensent aujourd’hui les Congolais. Dans le même ordre d’idées, Kigali ou Nairobi pour servir de rampe de lancement à la nouvelle aventure, nos compatriotes ont le temps et l’occasion de réfléchir sur le modèle de coopération que leur propose la Communauté économique est-africaine après le fiasco retentissant de la force régionale.D’ici-là risque est celui de M. Nangaa qui se projette déjà à la table d’une probable table de négociation. L’évaluation, elle, sera celle des Congolais.

Bienvenu Marie Bakumanya

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