Argentine : Javier  Melei investi président

Kinshasa, 10 décembre 2023 (ACP).- Javier Milei  a été officiellement investi douzième président de l’Argentine, le dimanche 10 décembre, pour les quatre prochaines années, a appris dimanche l’ACP de source diplomatique argentine.

« En présence de plusieurs dirigeants, responsables conservateurs ou nationalistes, de l’Ukrainien Volodymyr Zelensky, l’ultralibéral Javier Milei est investi dimanche président de l’Argentine », a indiqué  la source.

Après avoir prêté serment au Parlement, Milei  a prononcé son premier discours de président. Symboliquement, pas devant les parlementaires mais depuis les marches du Parlement, où il a appelé sur son compte X les Argentins à venir en masse: « Apporte ton drapeau, Argentine ! », accompagné de son slogan fétiche « Vive la Liberté, bordel ! »

Il  a ensuite parcouru, en décapotable, voire en partie à pied, les deux kilomètres qui le séparent de Casa Rosada, la présidence, où il recevra les dignitaires étrangers, puis la prestation de serment de son gouvernement. Une équipe à ce stade restreinte à neuf ministres, conformément à sa promesse d’austérité de l’Etat.

Le président  investi prend les rênes d’un pays surendetté et en proie à une inflation record à 142%, qu’il a promis d’éliminer grâce à une thérapie de choc ultralibérale. Mais, sans majorité au Congrès, il devra composer avec l’opposition.

Malgré sa victoire sans appel à l’élection présidentielle, Javier Milei n’aura pas de majorité au Congrès, et va donc devoir composer avec l’opposition pour avancer sur ses ambitieuses réformes.

Cela se lit notamment dans la composition de son gouvernement, où on retrouve plusieurs anciens ministres et figures bien connues de la politique argentine, en dépit du fait qu’ils appartiennent à la « caste politique » que Javier Milei a vilipendé pendant toute sa campagne.

Le choix de Luis Caputo au portefeuille de l’Économie et de Santiago Bausili pour diriger la Banque centrale indique que la dollarisation, une des promesses phares du candidat Milei, n’est plus une priorité à court terme, et d’ailleurs le président élu Milei en a beaucoup moins parlé depuis le 19 novembre.

Il en va de même pour les coupes dans les dépenses publiques, qui devraient être trois fois moins importantes que les 15% du PIB annoncés pendant la campagne.

La troisième économie d’Amérique latine croule cependant à nouveau sous ses créances. Elle fait même partie des pays émergents les plus endettés avec au total près de 115 milliards de dollars de dettes. Actuellement, le pays peine à rembourser un prêt de 44 milliards de dollars alloué par le FMI en 2018. Ses réserves de change sont au plus bas, alors que l’inflation a atteint 143%.

L’administration sortante du péroniste Alberto Fernández a renégocié le prêt, mais la pandémie de Covid-19, la récession et une grave sécheresse qui a frappé le pays cette année ont rendu difficile la réalisation des objectifs fixés.

Depuis son élection, l’économiste ultra-libéral a en effet , répété à plusieurs reprises que stabiliser l’économie prendrait entre 18 et 24 mois.

ACP/ KHM

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