Coup de force au Soudan: le général al-Burhan annonce la dissolution des autorités de transition

Kinshasa, 25 octobre 2021 (ACP). Des hommes armés ont arrêté, tôt  lundi 25 octobre au matin, plusieurs dirigeants soudanais, dont le Premier ministre, après des semaines de tensions entre les autorités militaires et civiles de transition, ont rapporté lundi, les médias internationaux.

 Les sources indiquent que  le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan a annoncé la dissolution des autorités de transition et décrète l’état d’urgence.

Lundi matin, l’armée soudanaise a arrêté plusieurs dirigeants civils de la transition dont le Premier ministre Abdallah Hamdok.

 Depuis l’aube, de nombreux manifestants sont dans les rues de Khartoum alors que les syndicats appellent à de la désobéissance civile.

L’armée a tiré « à balles réelles » sur des protestataires devant les quartiers généraux de l’armée en fin de matinée.

La communauté internationale se dit inquiète suite au « coup d’État ».

Le président français Emmanuel Macron a condamné et appelé « au respect de l’intégrité du Premier ministre ».

«J’exprime notre soutien au gouvernement de transition soudanais et appelle à la libération immédiate et au respect de l’intégrité du Premier ministre et des dirigeants civils », a souligné le président français dans un tweet.

La France a  condamné avec la plus grande fermeté la tentative de coup d’État au Soudan. «  J’exprime notre soutien au gouvernement de transition soudanais et appelle à la libération immédiate et au respect de l’intégrité du Premier ministre et des dirigeants civils », a indiqué le Président Macron .

Pour sa part, la Commission européenne a appelé à la « libération rapide » des dirigeants civils du gouvernement du Soudan, dont le Premier ministre, arrêtés par les forces de sécurité, et réclamé un rétablissement « urgent » des communications dans le pays.

«Nous appelons urgemment à ce que les moyens de communications ne soient pas entravés pour permettre de joindre ceux qui en ont besoin », a déclaré Nabila Massrali, une porte-parole de l’exécutif européen, ajoutant que « toute violence et bain de sang devaient être évités à tout prix ».

De son côté l’Union africaine a appelé à une « reprise immédiate » du dialogue entre civils et militaires.

«Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, a appris avec une profonde consternation la grave évolution de la situation au Soudan», a affirmé un communiqué de l’organisation panafricaine, en appelant à « la reprise immédiate des consultations entre civils et militaires » qui se partagent le pouvoir depuis 2019.

Les Etats-Unis, dont l’émissaire Jeffrey Feltman était la veille encore dans le bureau du Premier ministre, Abdallah Hamdok, aujourd’hui arrêté, se sont dits « profondément inquiets », prévenant que « tout changement du gouvernement de transition mettait en danger l’aide américaine« .

Pour sa part, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a appelé la communauté internationale « à remettre la transition soudanaise sur les rails », tandis que la Ligue arabe se disait « inquiète », exhortant au « dialogue« .

Le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan, qui dirigeait le Conseil de transition, a annoncé la dissolution du Conseil de ce Conseil ainsi que du gouvernement. Il a déclaré aussi qu’un état d’urgence est décrété dans l’ensemble du pays. Il a ajouté enfin qu’un « gouvernement de personnes compétentes » va être formé.

 Le général a réitéré son attachement à « la transition vers un État civil » et promis de créer les nombreuses institutions étatiques, comme la Cour suprême, qui auraient dû voir le jour il y a plusieurs mois, selon le calendrier de transition acté après le renversement de l’autocrate Omar el-Béchir en 2019.

La vice-présidente du parti Oumma, qui fait partie de la coalition du Conseil souverain, Maryam Sadeq al-Mahdi, a confirmé que les arrestations de plusieurs ministres et de plusieurs responsables politiques civils y compris de son parti.

Les militaires doivent faire marche arrière en ce qui concerne le coup de force de ce matin. Je fais appel à eux pour qu’ils ne gâchent pas cette position honorable prise lorsqu’ils ont pris part pour le peuple soudanais et sa révolution glorieuse le 11 avril 2019. Je fais appel à eux pour qu’ils maintiennent leur position pour un partenariat politique avec les civils.

Ce partenariat qu’on a convenu de renforcer. Tout rejet de leur part de cet accord fera face à une réaction du peuple soudanais dans toutes les régions. Ce peuple est déjà dans les rues pour refuser les arrestations. Je vois autour de moi les colonnes de fumée de tous les côtés, depuis tôt ce matin. Mes enfants sont tous dans la rue, à côtés de leurs frères et sœurs ».

Les habitants de Khartoum  crient  à la Révolution

Dans les rues de Khartoum, où les réseaux sociaux ne sont plus accessibles pour beaucoup, de nombreux Soudanais ont conspué le général Abdel Fattah al-Burhane, qui chapeaute le Conseil de souveraineté désormais amputé de sa part civile, selon ces sources.

Beaucoup convergeaient vers le principal axe du centre-ville où des pro-civils avaient organisé jeudi une démonstration de force aux cris de « révolution » pour refuser ce que les militants appelaient déjà « un coup d’Etat rampant ».

La transition post-dictature dans un pays quasiment toujours sous la férule des militaires et des islamistes depuis son indépendance il y a 65 ans, la transition battait de l’aile depuis longtemps.

Entre luttes de pouvoir parmi les civils et militaires décidés à conserver leurs acquis politiques et économiques, elle a débuté dans l’union sacrée avant de finir morcelée.

En avril 2019, l’armée poussait au départ Omar el-Béchir après trois décennies de pouvoir, sous la pression d’une énorme mobilisation populaire.

Depuis août de la même année, un Conseil de souveraineté composé pour moitié de civils et pour moitié de militaires, menait le pays, promettant les premières élections libres fin 2023. Mais ces derniers jours, la tension est montée entre les deux camps. Le 16 octobre, des pro-armée ont planté leurs tentes devant le palais présidentiel où siègent les autorités de transition.

En réponse, le 21 octobre, des pro-civils sont descendus par dizaines de milliers dans les rues du pays, dans un joyeux festival pour, disaient-ils, « sauver » leur « révolution » anti-Béchir. ACP/Kayu/RN/OB/FMB/NKV/JFM/SGB/NMM/MMC

 

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