Deux rebelles centrafricains plaident non-coupable à la CPI

Kinshasa, 17 février 2021 (ACP).- Deux ex-chefs de milices centrafricains, dont un ancien haut responsable du football africain, ont rejeté mardi toutes les charges à leur encontre à l’ouverture de leur procès à la Cour pénale internationale (CPI), qui les accuse de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, ont annoncé les médias internationaux reçus mercredi à Kinshasa.

Patrice-Edouard Ngaïssona, ancien ministre centrafricain des Sports, et Alfred Yekatom, surnommé « Rambo », sont jugés pour des crimes présumés commis en République centrafricaine lors de la guerre civile entre 2013 et 2014. Détenus par la CPI respectivement depuis janvier 2019 et novembre 2018, ils sont notamment accusés de « meurtre, viol, torture, transfert forcé de population, persécution et autres actes inhumains ». « Je ne me reconnais pas dans les charges retenues contre moi, je ne suis pas coupable« , a déclaré Patrice-Edouard Ngaïssona, 53 ans, au tribunal de La Haye. Alfred Yekatom, 46 ans, a donné une réponse similaire, affirmant que « ces chefs d’accusations sont incorrects ». La Cour basée à La Haye avait déterminé en décembre 2019 qu’il existait suffisamment de preuves pour ouvrir un procès à l’encontre des deux anciens chefs de milices anti-balaka, dont les affaires ont été jointes.

L’ouverture du procès s’inscrit dans un contexte de troubles persistants en Centrafrique, où six des 14 groupes armés qui contrôlent deux tiers du pays ont lancé à la mi-décembre une offensive contre le régime du président Faustin Archange Touadéra.

La Centrafrique est plongée dans une interminable guerre civile depuis qu’une coalition rebelle à dominante musulmane, la Séléka, a renversé en 2013 le président de l’époque François Bozizé, entraînant alors la création de groupes armés chrétiens connus sous le nom de milices anti-balaka, et qui disaient alors avoir pris les armes pour mettre fin aux exactions de groupes armés musulmans.

« Cette journée est importante pour la justice« , a déclaré devant la cour le procureur Kweku Vanderpuye. « Les preuves dans cette affaire établiront la responsabilité pénale de Ngaissona et de Yekatom au-delà de tout doute raisonnable », a-t-il ajouté. Selon lui, les crimes qui leur sont reprochés sont d’une telle « ampleur qu’ils transgressent la nature même de notre humanité. »

Patrice-Edouard Ngaïssona aurait été « le plus haut dirigeant » des anti-balaka, selon la CPI. Il a été arrêté en France en décembre 2018 avant d’être transféré à La Haye. Il était à l’époque président de la Fédération centrafricaine de football et membre du comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF). En 2019, la FIFA l’a interdit « de toute activité liée au football » pour plus de six ans. Il savait que la milice « ciblerait inévitablement la population civile musulmane dans l’ouest de la République centrafricaine », a affirmé le procureur Kweku Vanderpuye. ACP/kayu/CKM/KJI

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