Niger : la Cour de justice de la CEDEAO ordonne la libération de Bazoum

Kinshasa, 15 décembre 2023 (ACP).- La Cour de justice de la Cédéao a ordonné vendredi à Abuja au Nigéria, la remise en liberté immédiate et sans conditions de Mohamed Bazoum retenu avec sa famille depuis le coup d’État du 26 juillet dernier, a – t – on apprit de source judiciaire.

« La Cédéao a ordonné la remise en liberté immédiate et sans conditions de Mohamed Bazoum, de sa femme et de son fils. Plusieurs de leurs droits ont été violés : le droit d’aller et venir, puisqu’ils sont retenus à la résidence présidentielle depuis plus de 4 mois », a indiqué Dennis Dominic Adjei, juge de la Cour.

La justice ouest-africaine estime aussi que les droits politiques de Mohamed Bazoum ont été violés : elle demande le rétablissement de l’ordre constitutionnel au Niger et la remise du pouvoir d’État au président renversé.

La défense de l’État du Nigerdemandait, elle, à la cour de se déclarer incompétente, de déclarer la demande irrecevable. Demandes rejetées, donc.

Les juges se sont prononcés par rapport au droit, mais les décisions de la Cour de justice de la Cédéao ne sont pas toujours suivies d’effet. Les avocats de Mohamed Bazoum estiment qu’il revient aux États membres de l’organisation de s’assurer que cette décision de justice soit appliquée. Mais si la Cédéao continue de réclamer la libération du président renversé, elle a désormais acté le coup d’État.

La cour de justice de la Cédéao fixe aux nouvelles autorités nigériennes un délai d’un mois, à partir de la notification, pour lui rendre compte de l’exécution de sa décision.

Washington se dit prêt à reprendre sa coopération avec Niamey, mais sous conditions

En outre, la secrétaire d’État américaine adjointe chargée des affaires africaines était de passage à Niamey cette semaine. Molly Phee explique que l’administration américaine est prête à reprendre sa coopération avec le pays, mais sous conditions.

Un peu plus de deux mois, c’est le temps qu’il aura fallu aux États-Unis pour dessiner les conditions d’une reprise de leur coopération militaire et de développement avec le Niger. Il serait exagéré de parler d’empressement, mais c’est deux semaines de moins qu’il en a fallu au département d’État pour dire que la prise du pouvoir par le CNSP le 26 juillet dernier était un coup d’État.

À Niamey, Molly Phee a rencontré le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement du CNSP. La principale condition d’une reprise de la coopération, c’est l’annonce d’un délai pour une « transition rapide et crédible » devant déboucher sur « un gouvernement démocratiquement élu ». Les militaires proposent une période de transition de trois ans maximums avant de rendre le pouvoir aux civils. Sa durée sera fixée par « un dialogue national » convoqué incessamment.

La diplomate américaine explique aussi qu’il est convenu d’arriver à une solution satisfaisante pour l’ancien président soutenu par les États-Unis Mohamed Bazoum, pour sa famille et les membres de son gouvernement, toujours séquestrés. Molly Phee encourage le CNSP à négocier avec la Cédéao, qu’elle appuie, pour la levée progressive des sanctions.

Les États-Unis veulent être un bon partenaire pour le Niger, dit-elle, mais le Niger doit être un bon partenaire pour les États-Unis. Jusqu’ici, le Niger a été essentiel pour la lutte contre le jihadisme dans la région, notamment à partir de la base aérienne américaine d’Agadez. ACP/Kayu

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