Kinshasa 26 mai 2024(ACP)-.La transition militaire au Burkina Faso est prolongée de cinq (5) ans, une mesure prise à l’issue des Assises nationales, a appris dimanche l’ACP de source officielle burkinabé.
« Le chef militaire du Burkina Faso restera en fonction pendant cinq années supplémentaires à compter du 2 juillet 2024. Cette mesure intervient après la signature d’une nouvelle charte à l’issue des travaux des Assises nationales, qui ont pris fin samedi dans la soirée », a rapporté la source.
Selon la même source, le président de la Transition le capitaine Ibrahim Traoré s’est vu attribuer le titre de « Président du Faso et de Chef suprême des Armées », selon la synthèse du document livrée par le président du comité d’organisation, le colonel Moussa Diallo
Des représentants de la société civile, des forces de sécurité et de défense, et des législateurs de l’assemblée de transition ont participé aux discussions à Ouagadougou, mais la plupart des partis politiques ont boycotté l’événement. Ces partis politiques ont justifié leur boycott par la suspension des activités des partis politiques depuis le 30 septembre 2022, date de la prise de pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré.
Le Burkina Faso fait partie d’une liste de plus en plus longue de pays d’Afrique de l’Ouest où les militaires ont pris le pouvoir, accusant les gouvernements élus de ne pas avoir tenu leurs promesses.
La junte s’était fixé pour objectif d’organiser des élections pour que le pays retrouve un régime démocratique d’ici juillet 2024.
Les représentants des différentes couches de la société, chefs coutumiers, religieux, organisations de la société civile, partis politiques, forces de défense et de sécurité avaient rendez-vous pour faire un bilan de la transition depuis octobre 2022 et décider de la suite du processus. La rencontre, qui devait durer deux jours, s’est finalement achevée le samedi après-midi.
La nouvelle version de la charte signée par le capitaine Ibrahim Traoré prévoit une transition de cinq ans, à partir du 2 juillet prochain. La première mouture du texte qui avait été soumise aux participants proposait « trois ans et demi », soit 42 mois. Ce sera finalement beaucoup plus.
Des élections marquant la fin de cette période pourront néanmoins « être organisées avant cette échéance, si la situation sécuritaire le permet », précise le document. Le chef de l’État, le Premier ministre et le président de l’Assemblée législative pourront au passage être candidats aux élections présidentielles, législatives et municipales. Par ailleurs, le chef de l’État s’appelle désormais président du Faso, chef de l’État, chef suprême des armées.
Durant les débats, des centaines de manifestants soutenant le régime se sont rassemblés autour de la salle de conférence et ont tenté d’envahir les lieux où se tenaient les travaux. Ils voulaient qu’on accorde un mandat d’au moins dix ans au capitaine Ibrahim Traoré. Ils ont finalement été repoussés par les forces de sécurité.
Le ministre Emile Zerbo a jugé que les Burkinabè amorçaient « un tournant décisif » de leur histoire, nécessitant un sursaut patriotique pour réussir à reconquérir le territoire. « Nous amorçons un tournant décisif qui nécessite un sursaut patriotique pour réussir l’œuvre commune que vous avez confié à la transition. Les grandes épreuves forgent les grands hommes. Nous devons tous travailler à être des hommes qui marqueront l’histoire de notre pays », a-t-il dit.
Un nouvel organe, le Korag, sera mis en place. Sa mission sera de définir, suivre et contrôler la mise en œuvre de la vision stratégique du pays. ACP/C.L.