Kinshasa, 2 avril 2025 (ACP).- La communication de crise et la diplomatie médiatique étaient au centre des échanges qu’a eus le ministre de la Communication et médias de la République démocratique du Congo (RDC), mardi à Kinshasa, avec les élèves de l’École nationale d’administration (Ena), selon un communiqué.
« Le ‘‘poison rwandais’’ est un mensonge bien orchestré et propagé par l’armée numérique rwandaise dans le but de nous affaiblir. Pour faire face à cette guerre, la RDC a mis en place plusieurs fronts entre autres : militaire, diplomatique, médiatique, judiciaire et économique », a dit Patrick Muyaya, ministre de la Communication.
Pour le ministre Muyaya, les enjeux de la guerre dans l’Est de la RDC sont connus. Il s’agit de l’expansion territoriale, le repeuplement, le contrôle et le pillage des ressources, l’extension de la sphère d’influence et la survie politique du régime rwandais. « Vous devez savoir que le Rwanda nous mène une guerre économique pour sa survie. (…) Le Rwanda a également comme prétextes, la présence et l’armement des forces de libération du Rwanda (FDLR) par les Forces de la République démocratique du Congo (FARDC), mais aussi la protection de la communauté tutsie et les revendications sur le non-respect de l’accord du 23 mars », a-t-il expliqué, au cours de son exposé axé sur le thème : « Enjeux de la guerre dans l’Est de la RDC : Communication de crise et diplomatie médiatique ».
Le ministre Muyaya a, en outre, rappelé aux futurs hauts fonctionnaires que la RDC fait face à une guerre hybride où le régime de Kigali s’active à distiller quotidiennement du poison à travers les discours de haine et l’abandon des réfugiés congolais au Rwanda. Dans un auditorium plein, le directeur général l’Ena, Cédric Tombola Muke, a insisté pour sa part sur l’investissement dans le capital humain et dans le capital intellectuel pour avoir une nation forte.
« L’Ena participe précisément à ces travaux d’accumulation du capital humain. Elle a pour missions le recrutement, la formation initiale et la formation continue des cadres supérieurs de l’État, la conduite des activités de recherche, les services-conseils et l’accompagnement des administrations publiques congolaises, pour construire une gouvernance transparente, performante et au service des citoyens », a-t-il dit. Au sortir de ces échanges, un des élèves n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction.
« Nous avons échangé avec (le ministre de la Communication et médias) sur les enjeux de la guerre dans l’est du pays, et c’est une des réalités qui guettent sérieusement notre population. Lors de cet échange, il nous a vraiment fait comprendre les différents fronts de la guerre que connaît notre pays, tels que le front médiatique, le front militaire et le front judiciaire », a indiqué l’élève Marie-Clémence Kangite de la 9ème promotion dénommée « Mamadou Ndala ».
Et d’ajouter : « Il nous a fait savoir que chacun de nous doit se constituer en agent pour combattre toutes ces réalités, surtout le poison rwandais que nous inflige le Rwanda. C’était pour nous un moment de prise de conscience et un moment d’échange très enrichissant, pour qu’à partir d’aujourd’hui, nous soyons des agents qui vont défendre notre patrie sur tous les fronts nécessaires, afin de retrouver la paix ».
L’École nationale d’administration (Ena) a pour objectif de former et perfectionner les cadres de l’administration publique, renforcer la culture de l’excellence, de la transparence et de la bonne gouvernance, rendre l’administration congolaise plus performante et moderne et promouvoir un recrutement basé sur le mérite. ACP/