Trois questions à Jean Kamba, expert en politique de communication et technicien en perspectives politiques

Kinshasa, 1er  avril 2024 (ACP).- Jean Kamba Kabula, chef de travaux au département des sciences politiques et administratives  à l’Université pédagogique nationale (UPN) et  expert en politique de communication et technicien en perspectives politiques, a préconisé, lundi, dans un entretien accordé à l’ACP, la modification de la Constitution actuelle de  la RDC afin « de l’adapter aux réalités purement congolaises et à nos propres intérêts ».

Le président  national de l’Union nationale des cadres universitaires congolais pour le développement a appelé à un referendum constitutionnel.

Question1 : Votre structure appelle à un référendum autour   de la révision de certains articles de la Constitution jugés nocifs pour la souveraineté de la RDC. Lesquels et pour quel motif?

Nous sommes une association des cadres universitaires congolais, disséminés à travers la République. Après lecture minutieuse de notre Constitution du 18 Février 2006, laquelle rédigée en Belgique sous le lobbying des occidentaux qui convoitent nos ressources stratégiques minières, en notre qualité de chercheurs et sentinelles du peuple congolais, nous avons constaté des erreurs commises dans notre constitution par le parlement de transition de 2003-2006, qui avait regroupé les législateurs cooptés parmi les belligérants avec mission de nuire aux intérêts du peuple congolais.

En vertu de l’article 218 alinéa 4 de la constitution de la RDC, nous avons trouvé, l’urgence de lancer le référendum d’initiative populaire pour deux raisons fondamentales : solliciter l’annulation de l’article 217 de notre Constitution et la modification des articles : 104, 106, 111, 198 pour changer le mode de l’élection des sénateurs, des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces, pour que ces derniers soit élus aux suffrages universels  pour éviter la marchandisation de voix tels que cela se pratique dans nos assemblées provinciales.   

De l’annulation de l’article 217, qui proclame : « La RDC peut conclure des traités ou des accords d’associations ou de communautés comportant un abandon partiel de souveraineté en vue de promouvoir l’unité africaine ». A notre avis, cette   disposition préconise une constitutionnalisation de la balkanisation de notre pays par les belligérants et les seigneurs de guerre. Car, aucun pays au monde ou encore moins au niveau de notre sous-région des Grands Lacs  ne peut cautionner une telle disposition dans sa loi fondamentale (constitution de la République).

Question2 : votre initiative est-elle  citoyenne ou endossée par une certaine mouvance politique ?

Notre initiative est bel et bien citoyenne. Elle n’a aucune couleur politique quelconque, car, nous sommes une structure de la société civile purement apolitique qui réunit les cadres universitaires congolais toute tendance confondue.

Toute mouvance politique est évolutive et passagère pour ne pas dire éphémère. Chacun à son niveau et  à son rang social doit impérativement défendre les frontières de ce pays qui est notre dénominateur commun.

Le référendum est un contrat social entre le peuple et ses dirigeants. Après avoir analysé minutieusement l’actuelle constitution, nous avons découvert que c’est une Constitution à problème multiple car, elle a été initiée par les belligérants et seigneurs de guerre après le dialogue de Sun City. Elle est pleine de pièges. C’est la raison pour laquelle nous voulons la soumettre à une modification afin de l’adapter aux réalités purement congolaises et à nos propres intérêts.

Question3 : Avez-vous pris des précautions pour que votre projet atteigne le Congo profond ?

La République démocratique du  Congo n’est pas seulement Kinshasa. Nous sommes une association des cadres universitaires pour le développement du Congo et, pas seulement à Kinshasa. Les cadres universitaires sont dans tous les coins et recoins du territoire national. C’est une association qui est représentée dans le Congo profond (arrière-pays). ACP/

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