Kinshasa, 25 juillet 2021 (ACP).- Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 en Afrique a commencé à diminuer, du fait d’un net recul du nombre de nouveaux cas dans certains pays, où se concentre la majorité des cas signalés sur le continent, ce après huit semaines consécutives marquées par une recrudescence accélérée de la pandémie, indique un communiqué de l’OMS parvenu dimanche à l’ACP.
Selon ce communiqué, de nouvelles données recueillies par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) révèlent que ce changement pourrait être de courte durée. Au 18 juillet dernier, le nombre de nouveaux cas en Afrique avait régressé de 1,7 %, soit une baisse d’environ 282 000 cas en une semaine. Néanmoins, en ne prenant pas en compte les cas enregistrés en Afrique du Sud, qui représentent 37 % du total des nouveaux cas, on constate une hausse particulièrement forte et ininterrompue depuis maintenant neuf semaines. Le pic actuel est de 80 % supérieur au précédent pic observé sur le continent, si l’on ne prend pas en compte les chiffres enregistrés en Afrique du Sud.
Dans 21 pays africains, le nombre de cas a augmenté de plus de 20 % pendant au moins deux semaines consécutives, soit trois pays de plus que lors de la semaine précédente, et le variant Delta hautement transmissible a été détecté dans 26 pays africains. Les variants Alpha et Bêta circulent respectivement dans 38 et 35 pays. Les avancées réalisées en Afrique du Sud restent incertaines car les manifestations ont perturbé le programme national de riposte, en particulier la surveillance et le dépistage de la maladie. La violence et les manifestations de masse peuvent aussi entraîner une nouvelle augmentation du nombre de cas.
Dans un tel contexte, l’OMS appelle les pays africains à accélérer de toute urgence la vaccination contre la COVID-19, alors les contraintes liées à l’expédition des vaccins sont levées. Grâce au Mécanisme COVAX, environ 60 millions de doses devraient être réceptionnées dans les semaines à venir dans le cadre de programmes d’achat de vaccins ou de dons offerts par les États-Unis, l’équipe d’Europe, le Royaume-Uni et d’autres partenaires. En tout, plus 500 millions de doses seront acheminées par le seul canal du COVAX au cours de cette année.
Si le rythme actuel de vaccination est maintenu, environ 70 % des pays africains ne seront pas en mesure d’atteindre l’objectif de 10 % de couverture vaccinale dans tous les pays de la Région d’ici le mois de septembre. Environ 3,5 à 4 millions de doses sont administrées chaque semaine sur le continent, mais il faudra passer à la vitesse supérieure et vacciner au moins 21 millions de personnes chaque semaine pour atteindre l’objectif fixé pour le mois de septembre.
Jusqu’à présent, 20 millions d’Africains ont été entièrement vaccinés, ce qui représente 1,5 % de la population du continent, et l’Afrique compte à peine 1,7 % des 3,7 milliards de doses administrées dans le monde. Les pays à revenu élevé ont administré 62 fois plus de doses par personne que les pays à faible revenu.
Selon la Banque mondiale, outre les 9,5 milliards de dollars nécessaires pour acheter suffisamment de vaccins afin d’assurer une protection suffisante contre la COVID-19, trois autres milliards seront nécessaires pour financer les opérations de vaccination.
L’OMS travaille conjointement avec les pays africains afin de mieux planifier et chiffrer les processus opérationnels et de distribution. L’ambition étant d’accompagner la deuxième phase du déploiement des vaccins contre la COVID-19, en faisant notamment un bilan de la première phase. ACP/CL/Fmb