Kinshasa, 22 juillet 2026 (ACP).- La Haute cour militaire a suivi, à l’audience de mardi à Kinshasa, l’exposé des mémoires uniques déposés par les avocats dans la cause auditeur général, ministère public, contre le général d’armée Tshiwewe Songesa Christian, ancien chef d’Etat-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo et consorts.
Dans sa plaidoirie, le collectif des avocats des prévenus a développé plusieurs points, notamment sur l’ordonnance-loi qui a fixé la présente composition de la Haute cour militaire, l’incompétence de cette haute juridiction et l’irrégularité de la détention préventive des prévenus.
Pour les orateurs, l’ordonnance-loi du 31 janvier 2026 modifiant et complétant la loi 023/2002 du 18 novembre 2002 portant code judiciaire militaire, n’est ni promulguée ni publiée au Journal Officiel. De même, ont-ils indiqué, le libellé des préventions retenues contre leurs clients est obscur, au point de les priver de leur droit à un procès équitable.
Pour toutes ces raisons, les conseils ont sollicité la mise en liberté provisoire ou la liberté contrôlée du prévenu général d’armée Tshiwewe et surtout pour protéger les secrets de la Défense.
«En tant que défenseur des secrets de la défense monsieur le premier président, le général d’armée Christian Tshiwewe mon client, ne doit pas être détenu à la prison militaire de Ndolo», a déclaré Me Parfait Kanyanga, coordonnateur du collectif de la défense du prévenu, lors du développement de leur mémoire unique.
«Vous ferez œuvre utile d’accorder cette liberté à mon client monsieur le premier président, car il ne peut pas se soustraire à la justice, étant donné que, sa résidence, située à Gombe, est bien connue», a ajouté Me Kanyanga.
Aussi, la défense a demandé la restitution des véhicules du prévenu saisis dans cette cause et l’écartement des procès-verbaux établis par les Officiers de Police Judiciaire.
«Ces irrégularités sont relatives, notamment à la saisie de quatre jeeps de mon client, par l’Opj du ministère public, alors que même la maison militaire a reconnu que ces véhicules n’appartiennent pas à l’armée. Voilà une deuxième requête que nous formulons à votre haute Cour, afin que vous puissiez remettre mon client dans ses droits», a argumenté Me Parfait Kanyanga.
Le premier président de cette haute juridiction militaire a pris acte des moyens soulevés par la défense de l’ancien conseiller militaire du Chef de l’Etat et a promis d’en tenir compte lors de la délibération.
«La haute cour militaire prend acte de votre mémoire unique et vous permet d’en délibérer», a dit le lieutenant-général magistrat Joseph Mutombo Katalayi Tiende.
L’audience a été renvoyée au 30 juillet 2026 pour la poursuite de l’exposé des mémoires uniques.
«Nous allons nous arrêter ici pour aujourd’hui, nous renvoyons cette cause au 30 juillet pour la poursuite de l’exposé des mémoires uniques par les trois conseils des prévenus restants», a déclaré le président de la composition.
Pour rappel, l’auditeur général a traduit le général d’armée Tshiwewe et ses neuf co-prévenus devant la Haute Cour militaire pour huit chefs d’accusation, à savoir: complot, propagation des faux bruits, apologie du terrorisme, trahison, désertion à l’étranger, violation des consignes, détention illégale d’armes et munitions de guerre et incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline. ACP/

