Kinshasa, 22 avril 2026 (ACP).- La plaidoirie des parties dans l’affaire Lieutenant-général Yav Irung Philémon, ancien commandant de la 3ème Zone de défense, jugé pour trahison, a été fixée au 5 mai prochain par la Haute cour militaire, lors de son audience publique mardi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
«La Haute cour militaire appelle le ministère public à préparer son réquisitoire pour le mardi 5 mai, et à la même date, la défense va plaider afin que l’affaire soit prise en délibéré, et permettre ainsi au prévenu de connaître le plutôt possible son sort», a déclaré le Lieutenant-général magistrat Mutombo Katalayi Tiende Joseph, premier président de la Haute cour militaire et président de la composition.
Bien avant, la greffière en chef de cette haute juridiction militaire a donné lecture du rapport préliminaire du Conseil National de Cyber défense (CNC) sur la mission lui donnée de rechercher la preuve de trahison dans les trois téléphones du prévenu Yav, saisis et remis à cette institution.
«Après réception et sécurisation desdits appareils, suivant le protocole applicable en matière de preuve numérique, les premières vérifications techniques ont établi que les trois terminaux demeurent à ce stade verrouillés et inaccessibles, faute de communication de codes d’accès ou autre élément d’authentification nécessaire à leur ouverture», a dit le Directeur du centre Innovation et Développement Technique (BCIDT), Katimba Kakwabantu dans son rapport.
Et d’ajouter: «les constatations initiales révèlent que ces appareils sont protégés par des mécanismes avancés de sécurité, comprenant notamment le verrouillage logique, le chiffrement de données et d’autres dispositifs intégrés, destinés à empêcher tout accès non autorisé».
S’agissant plus particulièrement des deux téléphones Iphone, leur architecture de sécurité impose des contraintes techniques élevées à toute opération d’accès, d’extraction ou d’analyse, a poursuivi M. Katimba dans sa correspondance.
«Il résulte de ce qui précède que, les difficultés rencontrées à ce stade, ne procède ni d’une inertie ou d’une insuffisance de diligence accomplie, mais exclusivement du niveau élevé de sécurisation des appareils saisis et de la nécessité absolue d’en préserver le contenu», a ajouté le responsable du BCIDT.
Pour sa part, le CNC a conclu qu’«Un délai complémentaire demeure dès lors techniquement indispensable pour permettre la poursuite des opérations dans les conditions conformes aux règles de l’article, à la prudence requise et aux exigences de la procédure».

La Haute cour militaire, autant que le parquet militaire des FARDC, a qualifié ce délai complémentaire sollicité de vague.
«Le délai tel que évoqué, c’est vague et on ne sait pas s’y fier», a dit le président de la composition, demandant ainsi, séance tenante, au représentant du CNC présent à l’audience, de dire à sa hiérarchie de remettre les objets qui leur ont été envoyés pour l’expertise.
La position de la haute juridiction militaire a été également soutenue par la défense du prévenu Yav Philémon.
«On doit tenir compte du principe de célérité qui caractérise la justice militaire», a soutenu Me Parfait Kanyanga, coordonnateur du collectif des avocats de la défense.
Le prévenu Lieutenant-général Yav Irung Philémon, ancien commandant de la 3ème Zone de défense, accusé de trahison et incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline, avait tout au long de l’instruction, nié tous les faits mis à sa charge par l’Auditeur général, chef du Parquet militaire des Forces armées de la République Démocratique du Congo. ACP/ODM

