Kinshasa, 08 octobre 2026 (ACP).- Une affaire de déguerpissement illicite dans un immeuble à Gombe, une commune du nord de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), a trouvé son épilogue mercredi, après l’intervention du ministre de la Justice, qui a « remis de l’ordre », selon une note parvenue jeudi à l’ACP.
« Kabamba Mulumba, alias Kamul Inter, a encore récidivé. Il a à la fois bafoué les ordres du ministre d’État en charge de la Justice et Garde des sceaux, ainsi que celui de l’inspecteur des services judiciaires et pénitentiaires, qui avaient clairement ordonné la suspension de l’exécution d’une décision judiciaire compte tenu de nombreuses irrégularités constatées. Kamul a mené, le matin du mercredi, une expédition punitive au cours de laquelle plusieurs copropriétaires et résidents d’un immeuble ont été brutalisés, dépouillés de sommes d’argent, leurs biens cassés et jetés à l’extérieur, au prétendu motif de déguerpissement. Il a fallu une fois de plus l’intervention du ministre Guillaume Ngefa pour remettre de l’ordre », a-t-on lu dans cette note signée par Me Roland Ntumba, avocat du propriétaire de l’immeuble.
La précision a été donnée, par cet avocat, qu’il s’agit de l’immeuble « Blue résidence », abusivement appelé « Kamul résidence », situé sur l’avenue Uvira, au numéro 45, non loin du Pullman Hôtel, dans la commune de la Gombe. Cet immeuble a été construit sur une parcelle qui appartenait autrefois à Kamul Inter, mais cédée en bonne et due forme à la société Blue développement SARL. Un contrat de cession a été signé entre les deux parties. Il a fallu qu’un immeuble soit construit et terminé, pour que Kamul Inter commence à créer des dilatoires pour récupérer la parcelle, en « instrumentalisant une certaine justice », a-t-il expliqué.
Pour l’avocat de la société Blue développement SARL, Kamul Inter, qui est pour le moment détenu au niveau du parquet de grande instance de Kinshasa-Gombe, est à la tête d’un groupe de malfrats d’environ 40 personnes, parmi lesquels un certain Willy se faisant passer pour un huissier de justice, qui s’était présenté sans aucune sommation préalable, sans autre documents et avait procédé manu militari au déguerpissement forcé de plusieurs appartements, allant jusqu’à malmener un membre du corps diplomatique.
« Plus d’une heure de razzia qui aurait pu virer au pire n’eût été l’intervention de M. le procureur de la République de Kinshasa-Gombe représenté par un magistrat de son parquet, et du Commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC) qui, lui, est descendu en personne sur les lieux pour rétablir l’ordre public », a déploré l’avocat.
Ce dénouement arrive dans un contexte où le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, avait décidé d’intensifier la lutte contre la spoliation foncière et immobilière à Kinshasa.
Dans un communiqué publié le 25 août dernier, le ministère avait annoncé que 62 dossiers de spoliation de biens fonciers et immobiliers de l’État et de particuliers feraient désormais l’objet de poursuites judiciaires. Le même communiqué avait révélé l’existence de réseaux mafieux impliqués dans la spoliation et les tentatives de spoliation de biens immobiliers appartenant à l’État congolais ainsi qu’à certains particuliers, qualifiant ces pratiques de « menace pour le patrimoine national et l’intérêt général ». ACP/ Ka

