Kinshasa : des victimes de viol à la prison Makala saisissent la  Justice pour réparation

Kinshasa, 3 décembre 2025 (ACP) – Des victimes de viol perpétré la nuit du 1er au 2 septembre 2024, lors d’une tentative d’évasion maîtrisée à la prison de Makala, ont enclenché mercredi une action judiciaire pour obtenir réparation, lors d’une manifestation devant le Palais de Justice, à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

« Nous sommes dans une action en justice où nous désirons obtenir justice, réparation, mais aussi la reconnaissance de graves violations des droits humains qui ont été commises dans un lieu censé être plus sécurisé », a déclaré Frédéric Kwamba, avocat des victimes.

« Je pense que vous êtes sans ignorer que dans la nuit du 1er au 2 septembre de l’année passée, il y a eu des cas de viol massif sur certaines détenues et depuis lors les victimes n’ont jamais été indemnisées, il n’y a pas eu de réparation», a-t-il poursuivi.

Il a ajouté : « en  rapport avec la justice, nous faisons foi en notre justice et nous croyons qu’elle instruira cette cause avec diligence et impartialité pour que l’on aboutisse quand même à une décision qui rendra justice à l’une des parties au procès ».

Une victime s’est exprimé en ces termes : « depuis que nous avons été victimes de viols l’année dernière, aucun suivi ni aucune solution ne nous ont été apportés. Nous avons quitté la prison grâce à nos propres efforts. Pour ma part, j’avais été arrêtée et condamnée à une peine de six mois, durant laquelle j’ai été violée par quatre hommes. Jusqu’à présent, je n’ai reçu aucun soin approprié. C’est pourquoi nous sommes venues au palais de justice pour déposer ce dossier et demander un dédommagement ».

« J’ai été emprisonnée pour purger une peine, mais durant ma détention, j’ai été victime d’un viol collectif commis par sept hommes. Depuis ce jour, ma santé est instable, faute de prise en charge médicale appropriée. Après le suivi de mon dossier au parquet, j’ai été libérée. C’est pourquoi je suis venue aujourd’hui au palais de justice : non seulement pour faire entendre mon cas, mais aussi pour demander réparation, car au-delà de ma peine, j’ai subi une grave injustice », a renchéri une autre victime.

 Anny Modi, activiste des droits des femmes et coordonnatrice de l’ONG «Afia-Mama», a son tour argumenté en ces mots : « en marge de la Journée d’activisme qui fait référence à la campagne internationale de 16 jours d’activisme fondée sur le genre du 25 novembre au 10 décembre, bien que l’accent soit mis sur les violences en ligne, nous avons estimé qu’il était temps que nous puissions accompagner les survivantes des viols de masse de la prison de Makala ».

Pour des raisons de stigmatisation liées à cette affaire, une demande a été adressée  au tribunal afin que l’identité des plaignantes ne soit révélée par aucune partie, y compris la partie adverse, et ce, jusqu’à l’issue complète des procès.

ACP/C.L.

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