Kinshasa, 2 décembre 2025 (ACP).- Une affaire d’escroquerie de facilitation des voyages à l’étranger, opposant un représentant d’une association canadienne à un demandeur, a été examinée en appel, mardi, par le tribunal de grande instance de Gombe, dans le nord de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), lors d’une audience.
« Monsieur le président, nous avons saisi votre auguste tribunal en appel contre le jugement rendu au tribunal de paix de Gombe condamnant mon client Jean -Paul Moshe à une année de prison dans l’affaire de soi-disant escroquerie l’opposant à François Mavinga pour mal jugé », a déclaré l’avocat de Moshe.
Cet avocat a soutenu que le premier juge « a omis de mentionner les différents incidents constatés au premier degré et a refusé de faire requérir la société de communication pour clarifier les différentes correspondances, avant de faire venir les agences par lesquelles les transactions ont été effectuées.
Il a par ailleurs estimé que « le premier juge a alloué les sommes exorbitantes des dommages et intérêts et que « ce jugement est rempli d’incohérences ».
De son côté, la victime de l’escroquerie Francois Mavinga s’est dite satisfaite du jugement initial, tout en relevant que la peine d’emprisonnement a été minorée parce qu’elle n’avait pas atteint le plafond maximal.
Elle a, en outre, demandé l’arrestation immédiatement du prévenu Moshe, la confirmation de l’œuvre du premier juge et a sollicité des dommages-intérêts de l’ordre des 50.000 USD.
Interrogé par le tribunal, le prévenu Moshe a déclaré qu’il n’a jamais connu François Mavinga.
Et d’ajouter: « On m’a envoyé le formulaire de l’association et je recevais l’argent, on m’envoyait sur WhatsApp les preuves. Je prélevais 5 % des sommes et je renvoyais l’argent aux bénéficiaires selon les instructions de la victime Mavinga ».
« J’avais accepté rembourser 47.000 USD plus 4.700 USD sous émotion et on a mis les choses que je n’avais pas dites ».
Prenant la parole, le magistrat du parquet a indiqué que l’accusé « est un escroc qu’il a monté un scénario qu’il devait faire voyager les gens au Canada, ajoutant qu’il « semble accepter de restituer l’argent en passant aux aveux ». Il a toutefois soutenu que « il y a eu d’erreurs qu’on peut arranger et ça peut pas faire motif d’appel ».
Selon le jugement du premier degré, le prévenu Jean-Paul Moshe avait été condamné à 12 mois de servitude pénale, 500.000 FC d’amende et à la restitution de 47.000 USD. Les faits portent sur ses activités en tant que représentant en Afrique d’une association canadienne de santé publique, basée au Canada, facilitant les démarches de formation au Canada via leur direction au Bénin, où il envoyait l’argent perçu auprès des candidats, dont M. Mavinga.
Le tribunal a renvoyé l’affaire au 16 décembre 2025, date à laquelle l’agence par laquelle les transferts d’argent ont été effectués est appelée à comparaître.
« Remise contradictoire à l’égard de toutes les parties, poursuite des instructions pour comparution de l’agence le 16 décembre 2025 », a conclu le président de la composition. ACP/C.L.

