Kinshasa, 06 août 2025 (ACP) – Une mise à niveau des magistrats en matière des délits de presse a été recommandée, mercredi à Kinshasa, en République démocratique du Congo, par le secrétaire général d’une corporation de journalistes, au cours d’un entretien accordé à l’ACP, consécutif à l’arrestation d’une éditrice.
« L’ordonnance-loi N°023/009 prévoit déjà une dépénalisation partielle des délits de presse. Il y a urgence à ce que les magistrats se mettent à niveau », a déclaré M. Jasbey Zegbya, secrétaire général de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC).
« L’UNPC continuera à faire pression sur les législateurs afin d’obtenir la dépénalisation totale», a-t-il martelé.
M. Zegbya a fermement condamné les conditions d’arrestation de la directrice d’Eventsrdc.com.
« La loi est claire : toute poursuite d’un journaliste doit être précédée d’un refus de publication d’un droit de réponse. L’incarcération de madame Glody Ndaya est une entorse à la liberté de la presse et une violation des dispositions légales en vigueur », a-t-il dit.
Pour M. Zegbya, ce cas illustre l’urgence de la dépénalisation des délits de presse en RDC.
« Il est vrai qu’il y a une urgence d’une mise à niveau des magistrats et autres officiers de police judiciaire qui ne se donnent pas la peine de lire la loi ou qui s’en fichent éperdument. Il est aussi de notre devoir de faire pression sur le législateur afin d’obtenir une loi portant dépénalisation des délits de presse ».
Il a fait savoir que l’UNPC se montre optimiste quant à une issue favorable dans cette affaire.
« Les avocats de l’UNPC sont sur le dossier. Sauf imprévu, nous obtiendrons sa relaxation aujourd’hui, d’autant plus que le plaignant ne s’est pas présenté hier », a déclaré M. Zegbya.
Pour l’UNPC, l’absence du plaignant renforce l’idée que sa plainte est « vexatoire et téméraire » et n’avait d’autre objectif que de « porter atteinte à la liberté d’expression, bien que celle-ci soit garantie par la Constitution. »
Glody Ndaya, Directrice générale d’Eventsrdc, a été interpellée le 4 août 2025 à la suite d’un article publié le 31 juillet 2025, intitulé : « RDC–enquête exclusive : le docteur Vincent Lokonga, un faux sauveur qui tue à petit feu ».
Elle a été inculpée d’imputations dommageables. Transférée au Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe le 5 août 2025, elle a été placée en détention en attendant une éventuelle confrontation avec le plaignant.
Une mobilisation de la Corporation est attendue dans la capitale. Plusieurs ONG de défense des droits des journalistes ont également dénoncé cet acte et entendent mener d’autres actions après la relaxation de la journaliste.
ACP/UKB

