Kinshasa, 2 décembre 2025 (ACP).- Le colonel Mesmin Kakule, considéré comme le cerveau moteur du coup d’Etat déjoué en 2023 contre le président Tshisekedi, a méconnu la participation d’un co-prévenu cité par le parquet général militaire, lors de l’audience, lundi à Kinshasa, devant la Haute cour militaire.
«Je ne connais pas cet officier qui se trouve à ma droite, mon général, il ne faisait pas partie du collège des officiers des Forces armées, je ne l’ai jamais rencontré, et je n’ai jamais dit que le colonel Lusenge David était mon recruteur comme vous le dites», a déclaré le prévenu colonel Mesmin Kakule.
Le parquet général militaire a chargé le colonel Kakule d’avoir manifesté son intention de renverser le pouvoir en place, par l’achat des armes de différents types.
«Monsieur le président, le prévenu Mesmin Kakule est celui qui avait procédé à l’achat, de manière clandestine, de toutes ces armes que nous venons d’énumérer les types et de numéroter chacune. C’était justement une façon pour lui de démontrer sa participation active dans ce complot visant à déstabiliser les institutions légalement établies, par la voie des armes», a soutenu le général-major magistrat Cyprien Muwau, faisant office du ministère public.
En réaction, la défense s’est opposé à cet argumentaire du ministère public.
«Le ministère public soutient que notre client, colonel Lusenge, avait embarqué les armes dans une jeep blanche de marque Toyota en location. Mais le prévenu Lusenge dit avoir plutôt utilisé une voiture Ketch, et que celle de la couleur blanche, la jeep, a été utilisée par le service de renseignement. Quelle version devrons-nous considérer, monsieur le président?», s’est interrogé la défense du prévenu, qui a promis à la Haute cour de tirer toutes les conséquences du droit.
«Le ministère public n’a pas su démontrer la preuve d’achat d’armes par notre client. Dans le dossier, il n’y a aucune pièce sur le prétendu achat d’armes par le colonel Mesmin Kakule, monsieur le président», a-t-il ajouté.

La remise contradictoire de ladite affaire a été fixée à lundi 8 décembre 2025.
Dans cette cause, 40 prévenus sont jugés pour avoir tenté de renverser les institutions de la République légalement établies. L’hôtel «Prince», appartenant au prévenu Okende, dans la commune de Bandalungwa à Kinshasa, avait servi de cadre non seulement à la réunion des comploteurs, mais aussi à l’enregistrement du discours de prise de pouvoir.
Le colonel Kakule Mesmin est celui qui avait prononcé ce discours déclarant la chute du régime du président Tshisekedi, et la prise de pouvoir par le collège des officiers des FARDC. Le renversement devait avoir lieu dans la nuit du 7 au 8 novembre 2023.
Le parquet militaire avait requis 15 ans de prison à l’encontre de sept officiers, trois et cinq ans de prison pour les autres prévenus lors de l’audience précédente. ACP/C.L.

