Kinshasa, 13 aout 2025 (ACP)- Le verdict du procès de l’ex-ministre de la Justice, Constant Mutamba, accusé de détournement des fonds publics, a été fixé au mercredi 27 aout 2025 par la Cour de cassation de la République démocratique du Congo, siégeant mercredi en premier et dernier ressort.
«Le débat est clos, l’affaire est prise délibérée et son arrêt interviendra le 27 août 2025», a déclaré Jacques Kabasele, juge président. Bien avant, le ministère public a requis la peine de dix (10)ans de travaux forcés contre le prévenu pour détournement des deniers publics.
«Il plaira donc à votre auguste cour de dire établi en fait comme en droit l’infraction de détournement public mis à charge du prévenu Constant Mutamba. Vous allez le condamner à la peine de dix (10) de travaux forcés assortis de l’interdiction du droit de vote et du droit d’éligibilité pendant dix (10) ans», a déclaré Floribert Vola, ministère public.
«Vous allez aussi l’interdire d’accéder aux fonctions publiques quel que soit l’échelon, vous allez aussi le priver du droit à la libération conditionnelle et à la réhabilitation. Vous allez aussi ordonner le retournement intégral de la somme détournée cet argent doit retourner dans le compte d’où ça venait», a-t-il ajouté.
Lors sa prise de parole, le procureur Vola a présenté le prévenu comme un «délinquant», estimant que ce dernier a trahi la République.
«Ce délinquant, pourtant investi d’une charge sacrée, celle de veiller à la justice, est soupçonné d’avoir trahi la République fortement. Nous parlons, bel et bien, de l’ancien ministre d’Etat, ministre de la Justice et Garde des Sceaux Constant Mutamba Tungunga. Les faits sont graves, les faits sont accablants. Il s’agit de détournement des fonds publics, mais pas n’importe quels fonds», a-t-il dit.
Le ministère public a expliqué que l’argent détourné provenait de l’Ouganda dans le cadre de la décision rendue par la Cour internationale de justice pour l’indemnisation des victimes de la guerre de six jours opposant celui-ci au Rwanda dans le nord-est de la RDC en l’an 2000.
«Cet argent n’est pas une simple ligne budgétaire, C’est le sang monnayé des innocents. C’est le prix de la mémoire. C’est un acte de reconnaissance du martyr entouré par les populations que l’État avait abandonnées. Détourner ces fonds, c’est vraiment piétiner la dignité des victimes. C’est insulter l’histoire. C’est commettre une seconde agression», a-t-il déploré.
Poursuivant, le procureur Vola a insisté en démontrant l’intention de détournement du prévenu par le transfert de cet argent dans un compte d’une société de construction fictive.
Il a qualifié les preuves apportées à charge du prévenu, «des évidences accablantes», notamment le non-respect des principes de passation de marché de gré à gré, le manque d’autorisation pour la passation de ce marché, l’inexistence de la société de construction «Zion», l’inexistence du terrain pour abriter le bâtiment carcéral de Kisangani.
En réaction, les avocats du prévenu ont relevé que le réquisitoire du ministère public était «rapide» au regard de la dernière intervention du renseignant de la Rawbank qui a confirmé l’existence d’un compte courant ouvert sous l’intitulé «Zion Construction SARL».
Ils ont, de ce fait plaidé pour l’acquittement de leur client en termes : «la défense ne vous demande qu’une seule chose, d’acquitter Mutamba ce digne fils qui a sacrifié toute sa jeunesse pour une cause noble en acceptant de porter le fardeau de toute une génération».
Constant Mutamba se révèle comme descendant de Lumumba
Prenant la parole en dernier, Constant Mutamba s’est révélé comme le descendant de Patrice Emery Lumumba, de Fidèle Castro, de Nelson Mandela, d’Etienne Tshisekedi et tant d’autres, qui selon lui, incarcérés injustement à leur jeune âge.
Il a aussi évoqué les Psaumes 34 qui disent «le malheur atteint souvent le juste et l’Eternel l’en délivre toujours», afin de prouver à la Cour son innocence.
«Je voudrais de prime bord vous dire que je suis un croyant, partant de cela je cite le Psaumes 34 qui dit le malheur atteint souvent le juste et l’Eternel l’en délivre toujours», a-t-il dit.
L’ex-ministre de la Justice, Constant Mutamba est poursuivi de détournement de 19 millions de dollars américains, fonds destinés à la construction d’une prison à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, au nord-Est de la République démocratique du Congo. ACP/C.L.

