Procès Joseph Kabila : projection de 13 images attestant sa complicité avec AFC-M23

Kinshasa, 7 août 2025 (ACP).– Treize (13) images ont été projetées comme preuve, jeudi, lors d’une audience de la Haute cour militaire attestant la complicité de Joseph Kabila, ancien Président de la République démocratique  du Congo (RDC) avec Corneille Nangaa, l’un des chefs des rebelles AFC-M23 sur les ravages causés dans l’Est du pays.

« Dans une des photos, on voit l’ancien Chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila à côté de Corneille Nangaa. Le subordonné se met toujours à gauche et le responsable à droite », a déclaré le lieutenant général Likulia, chef du parquet général militaire, dans son commentaire sur les différentes images projetées.

Auparavant, des pièces versées au dossier par le parquet général militaire ont été lues à l’audience par le colonel Jeanne-Françoise Ngalula, greffière en chef de la Haute cour militaire, parmi lesquelles le condensé de l’interview de Joseph Kabila accordée à un media international (RFI), le rapport sur la vérification du camp des déplacés de Mugunga (localité du Nord-Kivu) et la déclaration du Bureau Conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH-RDC), établissant la culpabilité de cet ancien Président de la République sur les atrocités dans l’Est du pays.

L’une des images projetées pendant l’audience

Par ailleurs, une association sans but lucratif dénommée « Action d’accompagnement des veuves et d’orphelins victimes de crimes de guerre » (Avovig), s’est constituée partie civile à l’audience, en se greffant dans le procès, avant que la Haute cour militaire ait donné à ces différentes parties civiles un délai de deux semaines pour préparer leurs plaidoiries, en vue de mieux assurer leur défense ainsi qu’au parquet général militaire le réquisitoire.

« Nous vous proposons de prendre deux semaines et que nous nous retrouvons le 21 août, afin que vous vous complétiez au lieu de vous reprendre », a déclaré Joseph Mutombo Katalayi, premier président de la Haute Cour militaire.

Le corps sans vie du chef coutumier de Nyiragongo

En outre, Me Richard Bondo, coordinateur des différentes parties civiles constituées a également versé au dossier deux pièces, notamment le pacte de Nairobi et l’accord d’Addis-Abeba où le prévenu Joseph Kabila qui signe « H.K » comme Hyppolite Kanambe, tout en promettant d’y revenir au cours de prochaines audiences.

Rappelons que la mise en accusation de l’ex-Président résulte du fait que au moment où le pays faisait face à une agression de la part du pays voisin, le Rwanda, à travers la coalition AFC-M23, dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC, celui-ci a décidé délibérément de rentrer au pays, de la Namibie où il s’était exilé, à partir de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.

Depuis la prise de Goma et Bukavu, par les troupes de Kagame et ses assujettis de l’AFC-M23, Kabila n’a jamais levé le doigt pour dénoncer cette invasion et les tueries des Congolais de l’Est. Cette position qu’il a prise est constitutive de l’infraction de haute trahison, a soutenu le chef du parquet général militaire lors de son réquisitoire déposé au Sénat. ACP/JF

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