Kinshasa, 31 juillet 2025 (ACP).– Trois nouvelles parties civiles (victimes), en dehors de la République démocratique du Congo, se sont constituées jeudi au procès opposant le Parquet général militaire à Joseph Kabila, ancien Président honoraire, poursuivi pour participation à un mouvement insurrectionnel, trahison,…, lors d’une audience à la Haute Cour militaire à Kinshasa.
« Trois autres parties civiles se sont constituées sur le banc, notamment celles des provinces du Nord Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, victimes des affres de guerre commises l’AFC-M23 dans l’Est du pays», a déclaré Me Richard Bombo, pour le compte de la province de l’Ituri.
Lors du procès, le réquisitoire du parquet militaire tendant à obtenir l’autorisation de poursuites contre Joseph Kabila, adressé au Sénat a été lu par la greffière de la Haute Cour militaire qui étaye de manière succincte les faits pour lesquels l’ex-président a été déféré devant cette juridiction.

«….un faisceau de preuves réunies prouve que le mouvement AFC bénéficie également du soutien du sénateur à vie Joseph Kabila Kabange. (…) Par ailleurs, Monsieur Eric Kumba a écouté Joseph Kabila confier à Corneille Nanga que le Rwanda allait tuer le Président Félix Tshisekedi mais que Kabila suggérait plutôt qu’il soit chassé du pouvoir», a déclaré le Colonel Jeanne Françoise Ngalula, greffière en chef de la Haute cour militaire, avant de procéder à la lecture de la réponse du Sénat à cette demande de la levée des immunités de l’ancien président Joseph Kabila.
Elle a ajouté qu’au cours d’une interview accordée au journal Sunday, le sénateur à vie Joseph Kabila a avoué que l’AFC M23 était l’aspiration de la volonté de Congolais et que sa présence à l’Est du Congo a été confirmée par les chaînes internationales.
Par ailleurs, une séquence vidéo a été diffusée comme preuve présentant l’ancien président Joseph Kabila en tant que numéro 1 de la rébellion de l’AFC- M23, montrant Kikaya Bin Karubi, son proche collaborateur, dans une interview réalisée aux États-Unis par le journaliste Stanis Bujakera, dans laquelle il défendait la présence de Kabila dans l’Est du pays, alors sous occupation rebelle.
« Les objectifs de la rébellion sont les mêmes que ceux du président de Kabila», a déclaré Kikaya Bin Karubi, dans cette séquence vidéo.
Aussi, une autre image a été présentée comme celle du « discours à la nation » prononcé par l’ancien président en mai dernier, diffusée sur une chaîne YouTube.
« Dans cette vidéo, très critique envers le pouvoir en place, l’ancien chef de l’État appelait la population à » jouer sa partition » et affirmait être prêt à » faire la guerre», a rapporté le lieutenant général Joseph Mutombo , premier président de la Haute cour militaire.
La mise en accusation de l’ex-Président résulte du fait qu’alors que le pays fait face à une agression de la part du Rwanda à travers la coalition AFC-M23, dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, celui-ci a décidé délibérément de rentrer au pays, de la Namibie où il s’est exilé, à partir de Goma.
Depuis la prise de Goma et Bukavu par les troupes de Kagame et ses assujettis de l’AFC-M23, Kabila n’a jamais levé le doigt pour dénoncer cette invasion et les tueries des Congolais de l’Est. Cette position qu’il a prise est constitutive de l’infraction de haute Trahison, avait soutenu le chef du parquet général militaire dans son réquisitoire déposé au Sénat.
ACP/JF

