Kinshasa, 17 décembre 2025 (ACP).- Un avocat a déploré mercredi la non-prise en compte des victimes congolaises au procès de l’ex-chef rebelle Roger Lumbala en France, au cours duquel il a été condamné 30 ans de réclusion criminelle, lors d’un entretien à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).
« De ce point de vue ce procès a été mené à sens unique. En outre, il a ignoré les victimes congolaises qui attendaient une justice réparatrice au-delà des frontières », a déclaré Kassongo Mayombo, avocat conseil à la Cour pénale internationale (CPI).
« Personne n’est satisfait de ce procès tant qu’il a rejeté l’ensemble des victimes à partir d’un critère géographique discriminatoire. Ce critère a privé toutes les victimes de la RDC d’obtenir réparations », a-t-il ajouté.
Parlant du parallélisme qu’on puisse établir entre la justice rendue par la Cour d’assises de Paris et la justice transitionnelle que la RDC tient à implémenter, le défenseur des victimes du génocide congolais a estimé qu’on ne peut pas remplacer une procédure par une autre et de même une forme de justice par une autre.
« Les deux systèmes sont complémentaires de telle sorte que l’on puisse créer un mécanisme de chevauchement », a-t-il dit.
« Beaucoup de crimes ont été commis et continuent à être perpétrés en RDC. Ils sont imprescriptibles d’où la nécessité de renforcer la justice réparatrice pour toutes les victimes congolaises », a relevé Me Kassongo.
Le chef du mouvement rebelle RCD/N a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la Cour d’assises de Paris pour des crimes commis en RDC en 2001 et 2002 dans l’opération dénommée « effacer le tableau » dans l’ex-province orientale. ACP/C.L.

