Kinshasa, 3 juin 2026 (ACP).- Aucun texte de loi ne consacre la journée «ville morte»
comme un droit garanti aux citoyens, a indiqué un avocat du barreau de Kinshasa-Gombe, en
République démocratique du Congo, lors d’un échange mercredi avec l’ACP, à l’occasion de la
journée sans activité décrétée le 3 juin par l’opposition congolaise.
«Parlant de régime juridique, aucun texte ne consacre l’organisation de journées villes mortes.
Mais on peut comprendre cette journée comme une modalité de manifestation politique. Mais ce
qu’il faut noter ici, et là c’est important, c’est que la journée ville morte vient porter un coup dur à
des responsabilités, à des contrats, à des accords que le particulier a avec les autres. Rassurez-
vous, lorsqu’on doit aller au travail, à l’école, par exemple, et qu’on est empêché d’y aller du fait
d’une journée ville morte, à ce moment-là, il y a plusieurs droits qui sont dérangés, l’exercice de
plusieurs droits qui sont violés», a déclaré Me Willy Wenga, avocat au barreau de Kinshasa-
Gombe.
«Ce qu’il faut reconnaître, c’est qu’aucun texte de loi, ni la Constitution, ni la loi, ni même le
règlement, ne prévoit une ville morte comme un droit garanti à des citoyens ou à des particuliers
(…). Aucun régime juridique ne consacre la journée ville morte», a-t-il ajouté.
Il a indiqué que pour cesser de travailler, il y a la modalité de la grève prévue par la loi, dès lors que
celle-ci est un droit reconnu par la Constitution.
L’observance ou pas d’une ville morte, tient à la prudence, pas à une loi quelconque
Par ailleurs , Me Wenga a fait savoir que le fait pour les gens d’observer ou pas la journée ville
morten’est pas du domaine du respect d’une loi quelconque, mais tient davantage de la prudence,
du fait qu’avec de telles journées, «il y a des badauds, des gens incontrôlés, qui peuvent porter
atteinte à la vie ou à l’intégrité physique de paisibles citoyens».
«Et à ce titre-là, ne pas aller, ne pas sortir, c’est une question de prudence, aller aussi au travail,
c’est aussi une question de prudence car dès lors qu’on est sous contrat, on est sous statut, et
donc on doit répondre des engagements pris avec le gouvernement ou avec les entreprises
quelconques», a-t-il expliqué.
Auteur de plusieurs ouvrages, notamment «Poursuite et mise en accusation des bénéficiaires
des immunités et /ou privilèges de poursuites en RDC», Me Willy Wenga est connu du grand
public par ses interventions pédagogiques sur le droit dans les médias. ACP/

