Kinshasa, 1er juin 2026 (ACP).- Filmer au lieu d’agir lorsqu’une personne est en danger peut entraîner des poursuites judiciaires, notamment pour non-assistance, selon le code pénal de la République démocratique du Congo (RDC), a relevé lundi un avocat à Kinshasa, lors d’un entretien avec l’ACP.
« J’appelle la population congolaise à développer l’esprit secouriste, qu’elle ne se laisse pas emporter par l’envie de filmer sans agir. Car, filmer au lieu d’agir peut entraîner des poursuites, notamment pour non-assistance, voire pour mise en danger de la vie d’autrui, si le comportement gêne les secours », a déclaré Me Louis Mibengu, avocat au barreau de Kinshasa-Matete.
« La non-assistance à personne en danger est une infraction pénale punissant le refus volontaire d’aider une personne en péril », a-t-il précisé. Selon l’avocat, cette infraction est réprimée en vertu de l’article 66 ter du Code pénal congolais.
Il a précisé, en outre, que l’auteur de cette infraction écope d’une servitude pénale « de trois mois à deux ans et d’une amende de cinq à 50 zaïres », convertis selon les pratiques actuelles.
Et d’ajouter: « Les peines peuvent être plus lourdes si l’auteur est chargé par état ou profession de porter secours ». Me Mibengu a poursuivi en disant que la loi ne sanctionne pas l’absence de résultat, mais bien le refus conscient d’aider, alors qu’une action était possible pour rendre secours. Il a également rappelé les conditions pour évoquer ladite infraction. « Parmi les conditions, il faut qu’un péril menace l’intégrité corporelle d’autrui, et que le secours soit possible sans risque pour soi ou des tiers, et que la personne s’abstienne de porter secours (par action personnelle ou en alertant les secours) », a-t-il expliqué, relevant également que le fait de filmer un accident au lieu d’aider peut constituer une non-assistance à personne en danger, si la personne en péril immédiat n’est pas secourue et que le témoin s’abstient volontairement d’agir ou d’appeler les secours.
Pour cet avocat, faisant référence au Code pénal, ce comportement est un manque de respect qui peut aggraver la situation. « Ce comportement est puni par la loi », a-t-il martelé.
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