Kinshasa, 11 août 2026 (ACP).- La haute cour militaire, siégeant au degré d’appel, a acquitté mardi un chef de département de la base logistique centrale des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), jugé pour violation de consignes, lors de son audience à Kinshasa, la capitale.
«Disant droit, la haute cour militaire, à la majorité des voix de ses membres, après vote au scrutin secret, distinct et successif, le ministère public entendu, dit l’appel du prévenu colonel Honoré Umoneka, chef de département chargé de la logistique à la base logistique centrale des FARDC, régulier en la forme et recevable ; dit cet appel fondé, réforme l’arrêt entrepris dans toutes ses dispositions. (…) En conséquence, l’en acquitte et le renvoi de toute fin de poursuite, ordonne sa libération immédiate, met les frais d’instance à charge du trésor public», a prononcé le général de brigade magistrat Freddy Mukendi, président de la composition.
«Statuant à nouveau, et faisant ce qu’aurait dû faire le premier juge, dit l’infraction de violation de consigne mise à charge du prévenu non établie», a expliqué le magistrat militaire.
Dans la motivation de son arrêt, la haute cour a noté que la nature des deux photos de M. Tabu Ngandu habillé en femme, versées au dossier, ne concernent pas le contenu de ce télégramme du chef d’état-major des FARDC, tel que soutenu par le magistrat du parquet.
«Il s’agit d’un fait divers qui ne vise pas les installations de la base logistique centrale, ni les matériels de l’armée qui s’y trouvent. C’est à tort que le premier juge a condamné le prévenu Umoneka, sur base de la violation du secret d’enquête menée par le service des renseignements militaires», a fait savoir le colonel magistrat Cyprien Karenzi, conseiller rapporteur de la composition, dans la lecture de l’arrêt.
Dans cette affaire, le colonel Umoneka a été condamné au premier degré à trois ans de servitude pénale principale par la cour militaire de Kinshasa-Gombe, pour avoir publié dans un groupe WhatsApp, deux photos de M. Tabu Ngandu, vendeur de cigarettes, déguisé en femme.
Ce dernier s’était introduit dans les installations de la base logistique centrale où il fut arrêté par le service de renseignements militaires.
Cette arrestation avait attiré la curiosité des personnes se trouvant sur les lieux, et plus particulièrement celle du chef de département, qui l’avait photographié, à l’aide de son téléphone portable, puis rendu publiques lesdites photos dans un groupe WhatsApp, pour appeler ses collègues à la vigilance. ACP/SK

