RDC : la loi sur le partenariat public-privé, une révision jugée indispensable huit ans après

Kinshasa, 8 juillet 2026 (ACP).- Huit ans après l’entrée en vigueur de la loi sur le partenariat public-privé (PPP), une révision en profondeur de ce cadre juridique est devenue indispensable afin d’en faire un véritable levier de développement des infrastructures en République démocratique du Congo, a recommandé un expert mercredi à l’ACP.

« La loi sur le partenariat public-privé (PPP), promulguée le 9 juillet 2018, a constitué une avancée majeure, mais son application demeure limitée face à l’évolution des pratiques internationales et aux immenses besoins du pays en infrastructures. Dès lors, une révision en profondeur de ce cadre juridique est indispensable », a déclaré Boniface Masheke, consultant international et expert en PPP.

Il a indiqué que la coordination entre les différentes institutions, les ministères sectoriels et les organes de régulation reste insuffisante pour garantir une gouvernance efficace des projets, tout en rappelant que plusieurs projets prioritaires dans les secteurs des transports, de l’énergie, de l’eau et des infrastructures sociales sont encore au stade des études ou de la recherche de financement, faute notamment de capacités techniques et financières suffisantes au sein des autorités contractantes.

Le consultant Masheke a également attiré l’attention sur les risques liés à la transparence des procédures, à la publication des contrats et à l’encadrement des offres spontanées, estimant que ces aspects demeurent essentiels pour renforcer la confiance des investisseurs.

« La prochaine réforme devra garantir davantage de transparence, renforcer la sécurité juridique et mieux intégrer les engagements des partenariats public-privé dans la programmation budgétaire et la gestion de la dette publique », a-t-il affirmé.

Faire du partenariat public-privé un véritable moteur du développement

Pour lui, la future loi devra également consolider les capacités des administrations publiques, clarifier les responsabilités institutionnelles, améliorer la préparation des projets et définir une stratégie nationale de recours au partenariat public-privé selon les secteurs prioritaires.

« À défaut de ces réformes, le partenariat public-privé risque de devenir un guet-apens plurigénérationnel plutôt qu’un véritable instrument de développement des infrastructures en République démocratique du Congo », a averti l’expert.

Il a, en outre, recommandé que la future réforme s’accompagne d’un vaste programme de renforcement des compétences des administrations, d’une standardisation des contrats ainsi que d’un mécanisme permanent d’évaluation des performances des projets, afin de transformer le partenariat public-privé en un outil crédible, durable et efficace au service du développement national.

ACP/

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