Kinshasa, 20 septembre 2025 (ACP).- Le défenseur des droits humains fait librement son travail, conformément à la loi sur sa protection et sa responsabilité en République démocratique du Congo (RDC), la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) n’interfère pas, a relevé, samedi, son président dans un entretien avec l’ACP à Kinshasa.
« Le défenseur des droits de l’homme est libre de faire son travail, la CNDH ne doit pas interférer dans son travail, ni l’empêcher », a dit Paul Nsapu, s’appuyant sur l’article 7 de la loi portant protection et responsabilité des défenseurs des droits de l’homme, dans ses troisième et quatrième paragraphes.
Le président de la CNDH a, cependant, précisé les choses après que quelques individus ou organisations de la société civile aient fait une déclaration pour demander à son institution citoyenne d’arrêter le processus d’identification et d’enregistrement des DDH dans le pays, qu’elle avait lancé le 12 septembre 2025 à Kinshasa.
« La CNDH n’a pas été saisie officiellement par ces gens-là ou ces organisations qui, d’ailleurs, ne sont pas plus de 10. C’est pourquoi, je ne saurai réagi à leur demande de suspendre le processus enclenché par mon institution », a-t-il dit, précisant que la CNDH va, cependant, jouer sa partition, répondre à ses devoirs et obligations, dans le cadre de l’applicabilité de la loi n°23/027 du 15 juin 2023 relative à la protection et à la responsabilité du défenseur des droits de l’homme.
Il a, ensuite, fait savoir comment est-ce que les organisations des droits de l’homme s’étaient battues pendant plusieurs années pour avoir cette loi, alors qu’il évoluait comme un activiste des droits humains dans le pays.
« Je dois vous avouer que le plaidoyer pour qu’on ait cette loi a pris beaucoup d’années, pas moins de 20 ans. Nous avons demandé aux autorités de doter le pays d’un instrument qui puisse réellement veiller à la protection des DDH », a expliqué Paul Nsapu, soutenant que cela s’est concrétisé avec l’arrivée de l’actuel Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi.
Ainsi, il a évoqué cette loi qui, dans son article 7, aux troisième et quatrième paragraphes, stipule: « Pour raison de fiabilité, le défenseur des droits de l’homme qui exerce en dehors d’une association légalement constituée, s’enregistre sans frais, auprès de la CNDH en vue d’obtenir un numéro national d’identification. La CNDH dresse un répertoire des défenseurs des droits de l’homme ».
Le président Paul Nsapu a ainsi répété, en résumant que la CNDH : identifie, enregistre, accorde un numéro d’identification et dresse un répertoire national.
Pour lui, cela ne gêne en rien le travail d’un DDH responsable. Il a, cependant, déploré qu’il y a une habitude qui a pris corps dans le pays, où un DDH adresse en primaire un rapport aux bailleurs de fonds, ceux qui ont financé ses activités, en lieu et place de l’adresser d’abord au ministère de la Justice, à celui des Droits humains et à la CNDH.
« Des choses qui ne se font que dans notre pays et en Afrique », a-t-il déploré.
Il a, par ailleurs, fait savoir que lorsqu’un DDH est en difficulté, à travers cette loi, on sait le défendre. Il a également soutenu que cette loi facilite la tâche ; quand il y a, par exemple, un procès, la CNDH peut mettre en place une mission d’observation judiciaire.
ACP/UKB

