Kisangani, 21 novembre 2025 (ACP).- La cour d’appel de la Tshopo au nord-est de la République Démocratique du Congo a ouvert, vendredi, son audience solennelle de rentrée judiciaire 2025-2026, exaltant la liberté d’expression comme valeur cardinale de l’État de droit, a constaté l’ACP.
« La liberté d’expression est un principe fondamental et sacro-saint de toute société démocratique ; mais elle est trop souvent mal comprise par ceux qui la confondent avec un libertinage sans encadrement. Dès que ses limites légales sont franchies, l’intervention du ministère public devient impérative pour préserver l’ordre public et les droits d’autrui », a déclaré M. Albert Lussumbe Lukute, procureur général près la cour d’appel de la Tshopo.
Dans son intervention, Il a rappelé que plusieurs comportements souvent justifiés à tort comme “liberté d’opinion” constituent en réalité des infractions pénales, notamment la diffamation, l’imputation dommageable, les outrages, la propagation de fausses nouvelles ou encore toute incitation de nature à troubler l’ordre public. Pour lui, ces abus appellent nécessairement la réaction du ministère public, gardien de l’ordre juridique et protecteur des droits d’autrui « Lorsque l’on transforme la liberté d’expression en abus, on tombe dans des infractions telles que la diffamation, l’imputation dommageable, les outrages, la propagation de fausses nouvelles ou toute incitation au trouble à l’ordre public. C’est dans ces dérives que le ministère public doit intervenir pour préserver la paix sociale et protéger les droits d’autrui. » a-t-il précisé
Le premier président de la cour d’appel, Dominique Mande Mubiayi, a pour sa part abordé la question de la légalité des suspensions de l’exécution des décisions judiciaires par l’Inspectorat général. Commentaire : Il a dénoncé l’impact négatif de ces instructions sur les justiciables et les magistrats.
« Le malaise créé par ces suspensions nous oblige à revisiter le cadre légal de ces services, afin de garantir l’autorité des décisions rendues au nom du chef de l’État », a-t-il affirmé.
Par cette mise en garde, Dominique Mande rappelle que l’Inspection générale reste la première ligne de contrôle interne et qu’aucune tolérance ne sera accordée aux manquements.
« L’Inspection générale doit retrouver sa rigueur, car certaines irrégularités constatées ces derniers mois ne peuvent plus passer inaperçues », a-t-il averti
Les deux autorités ont convergé sur la nécessité d’un système judiciaire fondé sur la légalité, la protection des droits et la rigueur institutionnelle.
La cérémonie a ainsi marqué un appel renouvelé à la responsabilité, tant pour les acteurs judiciaires que pour les citoyens engagés dans le débat public.
ACP/C.L.

