Kinshasa, 27 janvier 2026 (ACP).- Cinq grands domaines de recherche stratégique pour transformer les richesses naturelles en République démocratique du Congo (RDC), notamment l’agriculture et l’agro-industrie ont été évoqués lors d’une matinée organisée à Kinshasa par le Conseil scientifique National (CNS), a appris l’ACP mardi de source universitaire.
«La RDC peut transformer ses richesses grâce à une recherche stratégique dans cinq domaines à savoir: les ressources minières et métallurgie, l’agriculture et l’agro-industrie, l’eau et hydroélectricité, forêts et biodiversité, les technologies et innovation», a déclaré le professeur Puis Mpiana, président du CSN dans son mot d’introduction à cette cérémonie tenue à l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM-Kinshasa).
Intervenant au cours de cette matinée scientifique organisée lundi par l’ISTM-Kinshasa, sur «la contribution des sciences exactes et appliquées à la reconstruction et au développement de la RDC», le professeur Mpiana, ces domaines sont interconnectés pour l’investissement scientifique dans les cinq secteurs pour créer la valeur locale, des emplois qualifiés et une économie durable et positionner la RDC comme un acteur clé mondial et de création de certaines industries stratégiques.
Ces ressources permettent selon lui, l’hydroélectricité notamment le barrage d’Inga qui pourra fournir une partie de l’électricité de l’Afrique, l’agriculture (irrigation et pêche), la navigation fluviale et le transport, la biodiversité aquatique et les écosystèmes riverains.
Pour les ressources minières et métallurgie, l’intervenant a relevé «la géologie et l’exploration minière : découvrir de nouveaux gisements, cartographier les ressources avec précision .Et la métallurgie et transformation industrielle : recherche sur la transformation locale du cuivre, cobalt ,lithium , coltan, or (…) pour fabriquer des batteries ,circuits , électroniques , alliages métallurgiques. Et le recyclage des minerais: technologies pour récupérer les métaux à partir des déchets électroniques ou miniers».
Dans le secteur agricole et agro-industriel, le président du CSN a soulevé la nécessité d’améliorer des cultures en augmentant le rendement du manioc, maïs, café, cacao et autres, de développer des technologies agricoles, d’agro-industrie et transformation locale : irrigation intelligente , drones agricoles, capteurs pour sols et cultures. Et conserver, conditionner, et transformer les produits agricoles pour l’exportation ou le marché local.
Ces richesses naturelles sont des leviers majeurs pour le développement durable, mais nécessitent une gestion responsable et scientifique.
Nécessité d’exploitation des produits forestiers non ligneux
Par ailleurs, le professeur Mpiana a signifié dans le domaine des forêts et biodiversité, la nécessité à faire l’inventaire suivi de satellite de reboisement et d’exploitation durable des produits forestiers non ligneux notamment les plantes médicinales, fruits, huiles essentielles.
Il y a également l’écotourisme et la conservation en valorisant économiquement la biodiversité (gorilles, okapis, oiseaux rares…).
L’intervenant a en outre , évoqué les technologies et innovation ,en exploitant l’informatique et intelligence artificielle à travers les systèmes du suivi des ressources ,analyse de données pour l’agriculture ,mines et énergie ainsi que la biotechnologie et sciences de la vie , matériaux avancés et chimie appliquée : batterie , polymères , matériaux locaux de construction.
M. Mpiana a suscité aux participants à cette matinée, une lueur d’espoir à travers l’organisation des forums du génie scientifique congolais l’accroissement formel du budget de la recherche, l’opérationnalisation du Fonds national d’appui à la recherche, la création d’un incubateur du génie scientifique.
«Le développement d’un pays ne repose pas seulement sur ses richesses naturelles mais surtout sa capacité à transformer ces richesses grâce aux sciences exactes et appliquées. Les pays aujourd’hui développés ont fait un choix clair d’investir dans la science n la recherche et l’innovation», a-t-il conclu.
ACP/ODM

