Équateur : un plaidoyer pour l’accompagnement de la culture du café lancé à Bikoro

Mbandaka, 6 juillet 2026 (ACP).– Un plaidoyer pour l’accompagnement de la culture du café a été lancé, lundi, par les caféiculteurs du territoire de Bikoro, dans la province de l’Équateur (nord-ouest de la République démocratique du Congo), lors d’un entretien accordé à l’ACP.

« Le café nous permettait de nous nourrir, de scolariser nos enfants, d’investir dans le transport et l’immobilier. Actuellement, nous continuons à en cultiver, mais il nous manque des intrants, des voies d’évacuation, des agronomes et des acheteurs. Le café est aujourd’hui une culture abandonnée et sans intérêt. C’est pourquoi nous sollicitons un accompagnement de toute nature afin de relancer ce secteur », a déclaré Roland Nkuma, cultivateur.

De son côté, un héritier d’une plantation s’est plaint du fait que le commerce du café n’est plus aussi attrayant qu’auparavant.

« Je suis l’héritier d’une grande plantation de plus de 20 hectares, aujourd’hui envahie par la jungle. C’est parce que le café n’est plus autant sollicité que d’autres produits. Pourtant, mon père a acquis des maisons et des véhicules à Kinshasa grâce à cette culture », a souligné Jean-Pierre Engee, héritier d’une plantation.

Selon les caféiculteurs, il est nécessaire de relancer le secteur du café dans le territoire de Bikoro à travers l’organisation de coopératives et l’installation d’unités de transformation.

« Si l’État décide d’accompagner les planteurs, notre territoire, qui compte encore un nombre important de plantations, peut redevenir une grande zone de production de café et de cacao », a expliqué Pierre Nsa, planteur de cacao.

Les planteurs ont déploré le manque d’accompagnement et de considération dont souffre cette filière.

Selon Anicet Mboyo, ancien dépositaire de café dans le territoire, la relance du secteur du café peut contribuer au développement du territoire.

« Le café reste une culture de rente capable de sédentariser les producteurs, de lutter contre l’exode rural et de fournir des revenus aux petits producteurs », a-t-il expliqué.

Un appel à l’encadrement et à la sensibilisation a été lancé aux autorités afin de relancer la filière café-cacao dans la province de l’Équateur.

Les planteurs de Bikoro ont, quant à eux, plaidé pour un soutien de l’État en faveur de la relance de la filière, de la transformation locale, du respect des normes et de la disponibilité des marchés au niveau provincial.

ACP/B/B

Fil d'actualités

Sur le même sujet