Ituri : alerte sur la commercialisation des aliments pourris au marché de Bunia

Bunia, 17 novembre 2025 (ACP).- Une alerte sur la commercialisation des aliments pourris, dont les pommes de terre, au marché central de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), a été lancée lundi par un nutritionniste lors d’un entretien.

« Nous observons ces derniers jours une augmentation notable de pommes de terre totalement ou partiellement pourries mises en vente au marché central. Ce phénomène traduit à la fois un problème de conservation et une pression économique sur les vendeurs », a déclaré le nutritionniste Prince Kasereka.

Il a ensuite expliqué que ces tubercules altérés constituent une menace sérieuse pour la santé publique, en raison des substances toxiques qu’ils peuvent contenir, avant de souligner que les pommes de terre dégradées peuvent développer de la solanine, une toxine naturelle produite lorsque le tubercule est endommagé, germé ou exposé à la lumière.

« La solanine est susceptible de provoquer de violents troubles digestifs, des vomissements et des diarrhées, et, dans certains cas, des complications neurologiques. Une consommation répétée de ces produits détériorés peut également entraîner des carences nutritionnelles, les parties pourries perdant toute leur valeur nutritive », a-t-il précisé.

Sur le plan nutritionnel, M. Kasereka a indiqué que les pommes de terre, habituellement riches en glucides complexes, en fibres et en vitamines, voient leur qualité fortement diminuer dès les premiers signes de dégradation. 

Il a par ailleurs relevé que cette situation est aggravée par les difficultés économiques que rencontrent tant les vendeurs que les consommateurs.

« Beaucoup de commerçants, faute de moyens de conservation adéquats, sont obligés d’écouler des produits abîmés pour éviter des pertes financières. Les clients, de leur côté, se tournent vers ces denrées en raison de leur prix plus abordable », a-t-il expliqué.

Face à cette problématique, M. Kasereka a recommandé au gouvernement de renforcer les mécanismes de contrôle de la qualité des denrées alimentaires dans les marchés publics, en collaboration avec les services d’hygiène, l’inspection provinciale de l’Agriculture et les autorités municipales.

Il a  encouragé la mise en place de programmes de sensibilisation et d’appui aux commerçants afin d’améliorer les conditions de stockage et de conservation des produits.

Les pommes de terre actuellement mises en vente au marché central de Bunia, et dont certaines sont pourries, proviennent en grande partie de pays voisins de la RDC, notamment de l’Ouganda, du Kenya et de la Tanzanie, indique-t-on.

ACP/C.L. 

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