Kinshasa, 05 mai 2026 (ACP).- Une réunion de concertation et d’alignement institutionnel consacrée à l’opérationnalisation du programme «Réponses régionales aux déplacements liés aux catastrophes en Afrique subsaharienne» (R2ECLID) a été lancée mardi à Kinshasa (capitale de la République démocratique du Congo) par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et l’Agence belge de coopération internationale (Enabel) avec l’appui financier de l’Union Européenne(UE).
«La mise en œuvre du programme régional RE2CLID exige une coordination renforcée et un engagement soutenu de l’ensemble des institutions nationales et des partenaires techniques. Cette rencontre entre les représentants de plusieurs ministères sectoriels de la RDC, de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), de l’Union Européenne (UE) et de l’Agence belge de coopération internationale (Enabel), vise à renforcer la coordination des interventions nationales et régionales face aux déplacements de populations provoqués par les chocs climatiques, notamment dans le bassin du lac Tanganyika, partagé avec le Burundi, la RDC et la Tanzanie», a déclaré Ure Afra Sophie, Coordonnatrice des programmes de l’OIM.
La RDC, selon elle, fait face à une crise multidimensionnelle marquée par les conflits armés, les catastrophes naturelles récurrentes, la pauvreté et l’insécurité alimentaire, affectant plus de 25,6 millions de personnes, traduisant la gravité et la complexité des défis actuels.
Les données présentées, plus de 2,2 millions de personnes ont été affectées par des catastrophes entre 2023 et 2024, avec des pertes économiques estimées à 1,3 milliard de dollars. En 2026, plus de 587.630 personnes ont déjà été déplacées en raison des aléas climatiques, a-t-elle dit.
«Ces chiffres ne sont pas abstraits. Ils traduisent des familles déracinées, des moyens de subsistance détruits et des risques accrus de tensions entre communautés», a soutenu la Coordonnatrice des programmes de l’OIM.
L’intervenante a en outre, indiqué que le bassin du lac Tanganyika constitue l’un des principaux foyers de déplacements liés aux catastrophes climatiques dans la région, touchant la RDC, le Burundi et la Tanzanie, en raison notamment des inondations, des pluies torrentielles, de la montée des eaux, des sécheresses et des glissements de terrain.
Elle a aussi relevé que le lien entre climat, déplacements et conflits est désormais une réalité tangible, dans un contexte où la pression sur les ressources naturelles s’accentue dans les zones d’accueil des déplacés.
«Face à cette situation, les participants ont estimé que les réponses ponctuelles ne suffisent plus et qu’un changement d’échelle et d’approche est nécessaire, les mécanismes locaux de prévention et de réponse étant confrontés à des contraintes structurelles liées à l’ampleur des besoins et à la récurrence des chocs. Dans ce contexte, le retrait progressif de la MONUSCO renforce le rôle central des institutions nationales et provinciales dans la gestion des crises et la protection des populations», a-t-elle martelé.
Elle a conclu qu’«En unissant nos efforts et en alignant nos priorités, nous pouvons prévenir les déplacements futurs, réduire les pertes humaines et économiques et contribuer à la stabilité durable du bassin du lac Tanganyika .Cette réunion marque une étape importante dans le processus d’opérationnalisation du programme RE2CLID en RDC».
Promotion des solutions durables

Par ailleurs, le chef de mission de l’OIM, Loncaris Sasa, a salué le programme RE2CLID, financé par l’Union européenne, qui s’inscrit dans une approche régionale impliquant la RDC, le Burundi et la Tanzanie. Il vise à agir en amont des crises et à transformer les vulnérabilités en résilience durable, à travers le renforcement des systèmes de prévision, l’amélioration de la gouvernance des ressources naturelles et la promotion de solutions durables aux déplacements.
En outre, les participants à cette réunion se sont imprégnés de l’importance de l’implication des jeunes, des femmes, des autorités locales et des organisations communautaires dans la mise en œuvre du programme, considérés comme des acteurs essentiels de la résilience.
Enabel réaffirme son engagement dans la mise en œuvre du programme régional RE2CLID
Pour sa part M. Cédrick Ngandu, Représentant de l’Agence belge de coopération internationale (Enabel) à cette réunion, a réaffirmé l’engagement de son institution aux côtés du Gouvernement de la RDC, de l’OIM et de l’Union européenne dans la mise en œuvre du programme régional RE2CLID, saluant la qualité du partenariat entre les différentes parties prenantes sur la nécessité de renforcer des solutions durables face aux défis climatiques.
L’action de l’Enabel selon lui, s’inscrit dans une vision partagée avec ses partenaires, fondée sur l’alignement aux priorités nationales et une approche régionale et globale des défis de développement. Dans ce cadre, la transition climatique constitue un axe stratégique majeur, au croisement des enjeux de stabilité, de développement et de cohésion sociale.
Enabel a souligné que le changement climatique n’est plus une menace abstraite, mais une réalité qui affecte déjà des millions de personnes, aggravant les vulnérabilités et entraînant des déplacements de populations de plus en plus fréquents et complexes.
Le projet RE2CLID, financé par l’Union européenne et mis en œuvre conjointement par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et Enabel, s’inscrit dans une approche intégrée estimant que les déplacements liés au climat ne peuvent être traités uniquement sous un angle humanitaire, mais nécessitent des réponses structurelles articulant gouvernance, résilience et développement.
À travers cette initiative, les partenaires entendent renforcer la prévention, la résilience et l’autonomie des communautés affectées, en privilégiant des solutions durables adaptées aux réalités locales.
«Aux côtés des autorités congolaises et de nos partenaires, nous œuvrons pour des solutions durables, portées par les communautés elles-mêmes et alignées sur leurs priorités de développement local», a ajouté le représentant d’Enabel.
Il a également indiqué que ces efforts visent à contribuer à l’avènement d’un monde plus durable et équitable, tenant compte des spécificités de chaque contexte.
Messieurs Alain Decoux, Jean Rigobert Tshimanga et Jean Dieu Merci Mukanya ont été respectivement, représentants de l’Union européenne, du Secrétaire général du ministère de l’Intérieur et du ministère des Affaires étrangères. ACP/ODM

