Kinshasa : la problématique de la transformation des villes minières évoquée dans une conférence

Kinshasa, 16 mars 2026(ACP).- La problématique de repenser et de transformer les villes minières en République démocratique du Congo (RDC), a été évoquée lors d’une conférence scientifique axée notamment sur les infrastructures et mobilités, organisée à Kinshasa, capitale du pays, a appris l’ACP lundi de source universitaire.

« Lire l’industrie, c’est mieux comprendre la ville minière et ouvrir des perspectives concrètes pour repenser les territoires congolais. Les villes minières sont des produits nés dans le sillage de l’expansion minière », a signifié Baron Mbinza, ingénieur de l’Institut national du bâtiment et travaux publics (INBTP), intervenant au cours de cette conférence sur la thématique « Lire l’industrie par la typologie : apports de l’analyse typologique à la compréhension des villes minières coloniales ».

Selon lui, le rôle de l’industrie comme moteur de l’urbanisation, des infrastructures industrielles et l’ossature, a été souvent strictement sous-estimé dans le développement durable.

Doctorant de l’INBTP en co-tutelle avec l’Université de Mons, M. Mbinza a analysé dans son intervention la typologie des infrastructures industrielles, en cherchant à identifier et à comprendre leurs formes, tels que les matériaux et structures, ainsi qu’à lire leurs relations avec la ville et mobilités.

L’ingénieur a également expliqué la typologie et les techniques liées à la construction des infrastructures usinières notamment les usines de traitement des centrales énergétiques, ateliers, entrepôts, réseaux ferroviaires, bâtiments administratifs, cités ouvrières, équipements tels que les hôpitaux et cercles de loisirs.

Likasi, ville née dans le sillage de l’exploitation minière

Les participants

A titre d’illustration, le doctorant Mbinza a évoqué le cas de la ville de Likasi, située dans le Sud-est de la RDC, concernant son industrialisation, son urbanisation et mobilités. Une ville, selon lui, « née dans le sillage de l’exploitation minière mais non développée ».

L’intervenant a évoqué la problématique de développement de cette ville minière, en soulignant la construction des complexes industriels, l’organisation spatiale hiérarchisée, la structuration urbaine : pôles industriels, cités ouvrières, séparation fonctionnelle des espaces.

Il a en outre soulevé les perspectives de patrimonisation et de développement local, notamment la conservation, la réhabilitation, la transformation et la reconversion des villes minières en RDC. Il s’agit aussi de la transformation touristique des villes minières.

Pour lui, la patrimonisation est un processus par lequel un bien culturel ou naturel, est reconnu, valorisé et protégé pour son intérêt artistique ou environnemental en vue de la transmission aux générations futures.

Cette conférence ayant pour thème principal « matériaux, infrastructures et mobilités : repenser les territoires et les villes en contexte congolais » a été organisée samedi à l’Institut national des arts (INA); par l’Ecole doctorale de l’Institut national du bâtiment et travaux publics (INBTP), l’Institut supérieur d’architecture et d’urbanisme (ISAU) en collaboration avec l’Université de Mons (Belgique) dans l’objectif de contribuer au développement durable de la RDC.

Selon les organisateurs : « La RDC, pays aux dimensions continentales, son développement socio-économique devra normalement passer non seulement par la résolution de l’instabilité politique, mais aussi par le développement des infrastructures nécessaires à l’organisation des activités et de la mobilité au sein de la société ». En poursuivant que : « Le développement des infrastructures semble être un problème endogène lié notamment à la gouvernance, au retard technologique dans certains domaines ainsi qu’à l’absence ou faiblesse des investissements dans ce secteur ».

Ainsi, il semble évident pour les organisateurs que l’amélioration de la qualité des infrastructures à travers le pays ne peut se faire sans une réflexion sérieuse autour de la gouvernance territoriale, du développement de nouveaux matériaux et de leur valorisation à des échelles locales. Notre réflexion suggérait que seule la combinaison de ces approches peut garantir la création des territoires durables et résilients.

Les doctorants de l’INBTP et de l’ISAU en co-tutelle avec l’Université de Mons en Belgique, avec le Directeur général de l’INBTP, ont partagé au cours de cette conférence, les résultats de leurs recherches avec les étudiants, les chercheurs, les professeurs d’universités, les professionnels et les décideurs politiques.

ACP/JF

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