Kinshasa, 16 avril 2026 (ACP).– Un partenariat pour renforcer l’inclusion financière et soutenir le financement des Petites et moyennes entreprises (PME) a été signé mercredi à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC) entre les associations des institutions de microfinance et des coopératives d’épargne, de crédit et l’opérateur » Paycode Fintech Congo ».
«La signature de ce partenariat entre les deux associations des institutions de microfinance et de coopératives d’épargne et de crédit et l’opérateur Paycode Fintech Congo s’inscrit dans le cadre du projet Transforme, qui vise à améliorer l’inclusion financière dans notre pays, notamment par la mise en place d’un fonds de garantie partielle de portefeuille pour soutenir les PME et par la modernisation de l’intermédiation financière», a déclaré Alexis Mangala, coordonnateur du projet Transforme RDC.
Il a fait savoir que l’un des principaux défis dans la promotion de l’entrepreneuriat en RDC demeure l’accès au financement, d’où la nécessité de mettre en place des mécanismes innovants pour rapprocher les services financiers des acteurs économiques.
Dans cette optique, a-t-il poursuivi, le projet Transforme a recruté la firme Paycode Fintech Congo afin d’accompagner les institutions de microfinance et les coopératives d’épargne et de crédit dans leur connexion aux switches monétiques, ainsi que dans le développement de leurs réseaux d’agents bancaires.
Environ 10.000 Terminaux de paiement électronique (TPE) seront acquis et distribués à ces institutions financières de proximité, en vue de faciliter les transactions au bénéfice des PME et des microentreprises, a-t-il expliqué.
Ce partenariat permettra également d’assurer l’interopérabilité entre les institutions de microfinance, les coopératives d’épargne et de crédit et le switch monétique de la Banque centrale, contribuant ainsi à l’élargissement de l’accès aux services financiers formels.
Une solution digitale adaptée aux réalités locales et aux défis techniques
Par ailleurs, M. Dominique Kaba, chef de projet Transforme et directeur à Paycode Fintech Congo, a fait savoir que face aux contraintes liées à la connectivité, à l’électricité et à l’identification des usagers, le projet de digitalisation du secteur de la microfinance propose des solutions technologiques adaptées au contexte congolais. Grâce à l’intégration de la biométrie, les clients pourront disposer d’une identité financière sécurisée, facilitant leur accès aux services, quel que soit leur lieu de résidence.
Il a poursuivi que l’utilisation de cartes à portefeuille embarqué permettra d’effectuer des transactions, même dans les zones non couvertes par internet, les données étant stockées directement sur la puce. Cette innovation vise à réduire la dépendance à la connectivité et à élargir l’accès aux services financiers.
En ce qui concerne l’énergie, les Terminaux de paiement électronique (TPE) déployés dans le cadre du projet disposent d’une autonomie pouvant atteindre une semaine après une charge complète, répondant ainsi aux défis liés à l’électricité dans plusieurs régions du pays, a-t-il expliqué.
En outre, le projet met également l’accent sur la réduction des coûts, avec des frais de transaction plafonnés à 1.000 francs congolais, conformément aux directives de la Banque centrale, dans une logique de démocratisation des services financiers.
Enfin, la sécurité des opérations est garantie par le respect des normes internationales en vigueur, notamment les certifications ISO, ainsi que par des tests d’intrusion et des contrôles qualité supervisés par les autorités compétentes.
Vers un cadre légal renforcé pour structurer le secteur de la microfinance
De son côté, Jean-Luc Zoubou, président de l’Association nationale des institutions de microfinance (ANIMF), a indiqué que le regroupement des associations professionnelles de la microfinance et des coopératives d’épargne et de crédit s’inscrit également dans une dynamique de réforme institutionnelle, marquée par la préparation d’un avant-projet de loi sur la microfinance. Cette réforme vise à donner davantage de lisibilité au secteur en unifiant le cadre juridique applicable aux différents acteurs.
Elle permettra de renforcer la représentativité des structures professionnelles dans les différents plaidoyers, tout en consolidant l’organisation et la gouvernance du secteur. À terme, cette réforme devrait contribuer à une meilleure structuration de l’industrie de la microfinance et à son développement harmonisé en RDC, a-t-il précisé.
Ce projet prend également de l’importance dans le contexte de la décision de la Banque centrale d’interdire, à partir d’avril 2027, les paiements en devises en espèces. Les outils mis en place permettront ainsi de faciliter la dématérialisation des transactions et d’accompagner les clients dans cette transition.
Selon M. Zoubou les 10.000 terminaux de paiement électronique (TPE )viendront s’ajouter aux 4.400 déjà existants. Bien que ce nombre ne suffise pas à couvrir l’ensemble du territoire, il constitue un point de départ important et un véritable levier de croissance. À terme, les institutions pourront se réapprovisionner pour étendre davantage le réseau.
Il a signifié que ces équipements sont mis à disposition gratuitement grâce au projet Transforme, financé par la Banque mondiale.
Les parties prenantes ont souligné que cette initiative constitue une avancée significative dans la digitalisation du secteur financier et dans la promotion de l’inclusion financière en RDC. ACP/JF

