L’absence des mécanismes de collecte officielle des déchets prive la RDC de revenus (Expert en environnement)

Kinshasa, 10 avril 2026 (ACP).- L’absence des mécanismes de collecte officielle de déchets environnementaux privant la République démocratique du Congo de revenus et ressources vitales a été soulevée vendredi à Kinshasa, capitale du pays, lors d’une matinée d’information sur «la sous-traitance dans la gestion des déchets».

«Le secteur de l’assainissement souffre moins d’un manque de moyens que d’une fuite de capitaux. Alors que les ménages financent déjà l’évacuation de leurs rebuts, l’absence de mécanismes de collecte officielle prive l’État de ressources vitales. Structurer cette filière est le chaînon manquant pour réinvestir l’argent des pollueurs au service de la salubrité publique», a déclaré Floribert Nyamwoga, ingénieur en environnement et intervenant à la conférence.

Selon lui, le constat est identique partout en RDC, les interventions dans la gestion des déchets restent archaïques et circonstancielles, car lorsqu’un tas d’ordures est identifié, on se contente de le déplacer vers un autre endroit.

«Nous n’avons pas encore de système structuré permettant de suivre le déchet de sa source à son traitement, jusqu’à son élimination finale. C’est ce qu’on appelle un système de gestion intégrée, et il fait cruellement défaut à Kinshasa comme dans le reste du pays. Actuellement, nos interventions fragmentées font du déchet un problème environnemental, alors qu’ailleurs, c’est une véritable opportunité économique», a-t-il dit.

En outre, il s’est interrogé sur pourquoi la RDC n’arrive-t-elle pas à structurer ce secteur, selon lui, la responsabilité incombe au pouvoir politique, appelé à donner l’impulsion en définissant des politiques et des stratégies claires, et en mettant en place un cadre permettant pour faire impliquer les différents acteurs.

«À ce jour, le Congo ne dispose d’aucune loi spécifique sur les déchets, les quelques dispositions qui existent, sont dispersées dans divers textes. Tant que le politique ne prendra pas la décision ferme de structurer le secteur, rien ne changera», a martelé l’ingénieur Nyamwoga.

«Le principe du « pollueur-payeur » qui est déjà appliqué de fait, car tout le monde paie pour se débarrasser de ses déchets, même sans contrat formel. Mais que le problème se situe aux flux financiers qui ne sont pas captés pour être réinvestis dans le secteur», a-t-il soutenu.

Cependant, l’intervenant a conclu qu’il est urgent que les pouvoirs publics s’organisent pour structurer la filière, mettre en place des mécanismes de collecte de ces fonds et les orienter exclusivement vers l’assainissement.

Cette matinée d’information organisée par la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) sur le thème: « la sous-traitance dans la gestion des déchets: opportunités de financement vert et accès aux crédits carbone pour les entreprises en RDC», a réuni les experts de la sous-traitance dans le secteur privé de l’Autorité de régulation de la Sous-traitance dans le secteur Privé (ARSP) en RDC, représenté par M.

Guillaume Feruzi , la présidente de la Commission nationale de la sous traitance (CNST), Huguette Samu, le vice- président de la Commission Nationale Environnement, Climat et Développement Durable de Fédération des Entreprises du Congo (CNECDD) M. Alexander Bamanisa. ACP/ODM

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