Kinshasa, 20 novembre 2025 (ACP).- Le transport d’eau potable en bidons de 25 litres constitue une activité juvénile génératrice de revenus dans plusieurs communes de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo( RDC), a constaté l’ACP, lors d’une mini-enquête effectuée du 14 au 20 novembre.
« Nous puisons de l’eau le matin et passons la journée à la transporter vers les habitations. Chaque course d’un bidon de 25 litres est facturée à 1200 francs congolais, ce qui nous permet de couvrir nos besoins quotidiens », a indiqué Josaphat Mukendi, l’un des jeunes transporteurs actifs au quartier Kimbangu I, dans la commune de Kalamu, au centre de Kinshasa.
Certains jeunes vont plus loin en louant des charriots pour acheminer les bidons vers des parcelles les plus éloignées et générer plus de revenus en une course.
« Je loue mon charriot à 5 000 francs la journée. Je l’utilise pour transporter de l’eau vers mes clients durant la journée, et nous fixons le prix en fonction de la distance. Cela m’aide à payer la location et à consolider mes revenus », a dit pour sa part, Jeancy Kabuya, jeune entrepreneur informel de 30 ans, rencontré sur l’avenue Pululumbambu dans la commune de Makala.
Selon certains habitants de la commune de Ngiri- Ngiri interrogés entre les avenues de Libération (ex 24 Novembre) et Karthoom, ce service est devenu incontournable dans leur rayon.
« Nous payons 1 500 francs par bidon d’eau de forage transporté, et cela nous épargne les déplacements lointains et la fatigue pour aller chercher de l’eau. C’est un service rapide et fiable », a déclaré Plamedie Kabongo, une cliente résidant sur l’avenue Ingende dans la même municipalité.
D’autres jeunes ont mis en place une organisation en rotation pour assurer un service continu, a-t-on appris.
« Nous travaillons en équipe : pendant que certains remplissent les bidons, d’autres se chargent de les transporter jusque dans les parcelles. Cela nous permet de servir plus de familles et de gagner davantage », a fait savoir Enock Ilunga, transporteur de 24 ans.
Sur la route Elengesa dans la commune de Bumbu, des tenanciers de boutiques confirment également la forte demande en eau transportée en bidons.
« Les jeunes qui amènent l’eau nous rendent un grand service, surtout quand il y a des coupures prolongées. Je fais appel à eux presque tous les jours pour ravitailler ma maison pendant que je m’occupe de ma boutique de vente de divers articles. Rarement les gens viennent acheter des bidons de 5L pour répondre à autre besoin que celui de boire », a confié Josianne Nlandu, entrepreneuse depuis plus de dix ans dans la zone.
Elle a estimé que cette activité profite autant aux commerçants qu’aux transporteurs.
« Sans eux, je serais obligée de fermer ma boutique parfois pour aller chercher de l’eau. Leur présence nous facilite le travail et leur permet aussi de gagner honnêtement leur vie », a-t-elle ajouté.
Dans plusieurs communes de Kinshasa, l’entrepreneuriat des jeunes par diverses initiatives lucratives prend de l’ampleur dans un environnement socio-économique où l’esprit de créativité constitue une voie de sortie pour bien tenir, selon plusieurs personnes interrogées dans le cadre de cette enquête. Beaucoup d’entre eux se tournent vers des activités informelles tels que la livraison d’eau, le transport à charriot, le petit commerce ou encore la mécanique de proximité. Ces initiatives, souvent nées de contraintes sociales, témoignent selon ces personnes ressources, de la capacité d’adaptation et de l’ingéniosité de la jeunesse congolaise face au chômage persistant.
D’après les jeunes interviewés dans les trois communes précitées, cette activité, bien qu’informelle, représente pour eux une source stable de revenus et illustre l’ingéniosité des habitants face aux difficultés persistantes d’accès à l’eau dans certains quartiers de Kinshasa.
ACP/JF
Le transport d’eau en bidons, une activité rémunératrice pour les jeunes à Kinshasa
Le chariot rempli de bidons d’eau

