Les universités  appelées à devenir des usines de talents innovants en RDC

Kinshasa, 19 novembre 2025 (ACP).- Les universités congolaises ont été appelées, mercredi à devenir des usines de talents innovants et à intégrer les programmes de capacitation dans leurs cursus, lors de la deuxième journée de table ronde nationale sur l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, organisée à Kinshasa, (capitale de la République démocratique du Congo).

« Les universités doivent devenir des usines de talents, pas d’institutions théoriques. Elles doivent fournir des espaces physiques pour les centres d’apprentissage, des enseignants formés aux référentiels métiers, des programmes hybrides (théorie, pratique et industrie), des incubateurs professionnels et des laboratoires sectoriels (agro, numérique, énergie, santé). Il est essentiel d’intégrer systématiquement les programmes de capacitation dans les cursus existants », a déclaré Michée Mukwamu, professionnel en gestion de projet chez Vodacom RDC.

Il a fait savoir que l’État doit également orchestrer en créant un Conseil National de la Capacitation regroupant le ministère de l’Emploi, le ministère de l’Enseignement supérieur, autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), les universités, le secteur privé, les partenaires techniques et la PMI RDC pour la méthodologie et le suivi. Ce conseil définira les priorités sectorielles, les volumes de compétences à produire, les standards qualités et la gouvernance des partenariats.

« L’État doit fournir un cadre légal comprenant la reconnaissance officielle des certifications privées et hybrides, l’exigence de référentiels métiers actualisés tous les deux ans et l’obligation pour les grandes entreprises d’offrir un quota d’apprenants », a-t-il précisé.

Pour Michée Mukwamu, le secteur privé oriente la demande réelle. Les entreprises doivent fournir des compétences recherchées avec une description détaillée des besoins, des référentiels de compétences et une liste des métiers prioritaires.

« Elles doivent également assurer le mentorship industriel avec un quota de mentors par entreprise, des interventions régulières dans les programmes et la supervision des projets pratiques », a-t-il dit en ajoutant : « Concernant les immersions, il est nécessaire d’offrir des stages, des alternances, un apprentissage longue durée, des mini-missions réelles dans les startups et PME, ainsi qu’un taux de conversion défini partant du stage ou de l’incubation au financement. »

Selon lui, les partenaires techniques, comme la Banque Mondiale, le PNUD, ENABEL et le FCDO, peuvent fournir un financement pour l’équipement, l’accréditation des programmes, une expertise internationale, des outils de suivi et des indicateurs, des bourses pour les formateurs et mentors, ainsi que la digitalisation des parcours. Ils garantissent selon lui, la qualité, la neutralité et la viabilité du système.

ACP/C.L.

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