Kinshasa, 8 juillet 2026 (ACP).- Trois unités de production industrielles des tubes carrés, des câbles électriques armés et des transformateurs électriques ont été inaugurées le lundi dernier à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, dans le Sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), par les ministres du Commerce extérieur et celui de l’Industrie.
Au-delà du simple cérémonial, c’est peut-être le jour marquant le début pour la RDC d’en finir avec l’exportation de son cuivre brut.
Pendant des décennies, le Haut-Katanga a nourri les usines du monde entier en produits finis issus du cuivre brut, pendant que le pays importait même les clous. Ces 3 unités viennent combler un vide absurde. Les tubes pour construire, les câbles pour électrifier, les transformateurs pour stabiliser. Il était plus que temps.
Ce sont les 3 produits dont chaque mine, chaque chantier, chaque ménage se sert. Sauf que jusqu’ici, la valeur ajoutée profitait à Dubaï, Istanbul ou ailleurs à Guangzhou. Avec cette inauguration, désormais, la RDC va en bénéficier, son économie va marquer un point de plus, dans le cadre de la transformation locale de ses matières premières dont le gouvernement Suminwa en a fait son cheval de bataille, sous le leadership du Président Félix Tshisekedi.
Le « coût Congo » : l’ennemi numéro 1
Une usine ne vit pas d’inauguration. Elle vit de factures payées. Et là, le combat commence. Comment être compétitif quand l’énergie est chère et instable ? Quand le crédit bancaire est à 18% ? Quand les produits importés débarquent sans honorer de vraies taxes ?
Si l’État ne protège pas intelligemment ces usines dès le départ, dans le strict respect des normes requises, notamment en matière de droits de douane et des marchés publics locaux, on aura juste construit 3 musées industriels, très beaux, et vides de sens, sans lendemain.
Le vrai jackpot, ce ne sont pas les 3 usines. Ce sont les Petites et moyennes entreprises (PME) qu’elles vont créer autour. Les transporteurs, les maintenanciers, les centres de formation, les fournisseurs de gaine et de plastique.
C’est aussi le message envoyé aux investisseurs : la RDC ne veut plus être qu’un trou dans le sol. Elle veut des chaînes de valeur. Pour les mines, c’est une aubaine. Moins de délais, moins de coûts, plus de contrôle. À elles de jouer le jeu et de commander local.
Place au travail
L’inauguration est faite. Les applaudissements aussi. Maintenant place au travail : énergie stable, financement adapté, tolérance zéro pour la fraude et la concurrence déloyale.
Si on tient durant 5 ans, le Haut-Katanga peut devenir le hub électrique de toute la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe). Si on lâche, on rejoindra la longue liste des « belles initiatives », devenues par la suite des éléphants blancs.
Le cuivre est aux congolais. Les usines également. Aux fils et aux filles du pays de prouver qu’on sait aussi produire de la richesse avec, par un travail bien fait. ACP/

