Kinshasa, 5 novembre 2026 (ACP).- Le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a été appelé, jeudi, à créer une banque d’investissement pour financer les grands projets entrepreneuriaux, industriels et agricoles, lors de la cérémonie de clôture de la 5ème édition du Forum d’innovation des jeunes entrepreneurs congolais (Fijec) à Kinshasa, capitale congolaise.
« Mon ambition est de voir le Gouvernement congolais créer une véritable banque d’investissement capable de financer les grands projets entrepreneuriaux, industriels et agricoles, avec des capitaux à long terme et des conditions adaptées aux réalités de la production », a déclaré Souley Kahuka, directeur général de Magen Congo.
Selon lui, cette ambition exige que les ministères chargés de l’Industrie, de l’Entrepreneuriat, des Petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que du Plan assument pleinement leurs responsabilités.
« Il faut impulser l’industrialisation, accompagner les entrepreneurs et assurer la cohérence de notre développement. Cette exigence concerne également la remise à niveau du guichet unique de création d’entreprises. En 2016, j’ai personnellement obtenu les documents administratifs de mon entreprise en huit jours. Aujourd’hui, d’après les situations portées à ma connaissance, les candidats à l’entrepreneuriat doivent attendre plusieurs mois », a-t-il ajouté.
Pour lui, l’État doit fixer les règles, garantir leur application, investir dans les infrastructures et protéger l’intérêt général. Les entreprises doivent, quant à elles, investir, produire, innover, respecter leurs obligations et créer de la valeur, tandis que les universités doivent former les compétences qui permettront à cet ensemble de fonctionner efficacement.
« À ceux qui ont des projets, je dis : prenez le temps de les structurer sérieusement. À ceux qui entreprennent déjà, je dis : persévérez, améliorez votre gestion et construisez des entreprises solides », a-t-il dit.
Il a fait savoir qu’il est difficile d’encourager la création d’entreprises lorsque les premières démarches deviennent elles-mêmes une épreuve de patience et une source de découragement. Il a estimé qu’il faut rétablir un système rapide, transparent et efficace, avec des délais clairement annoncés et respectés, un suivi accessible des dossiers et des responsabilités réelles en cas de blocage injustifié.
« À ceux qui rencontrent des difficultés, je dis : ne considérez pas chaque échec comme une condamnation définitive. À ceux qui occupent déjà des positions de responsabilité, je dis : ouvrez davantage vos portes aux compétences, aux talents et aux autres », a-t-il conseillé.
La digitalisation des procédures, un moyen de réduire les déplacements
Par ailleurs, M. Kahuka a indiqué que la digitalisation des procédures va contribuer à réduire les déplacements inutiles, les lenteurs et les possibilités de pratiques irrégulières, exprimant la nécessité d’améliorer la stabilité et la prévisibilité du cadre fiscal.
« Les entreprises ont besoin de connaître leurs obligations et de pouvoir planifier leurs investissements. La fiscalité doit permettre à l’État de mobiliser les ressources nécessaires au développement du pays. Mais elle doit également préserver la capacité des entreprises à investir, à se développer et à créer des emplois », a-t-il ajouté.
M. Kahuka a également estimé qu’il faut garantir davantage de transparence dans les marchés publics. Selon lui, les entreprises doivent pouvoir accéder aux opportunités économiques sur la base de critères connus, objectifs et vérifiables.
Il a indiqué qu’il est nécessaire d’instaurer une véritable culture d’évaluation des politiques publiques. Il a ajouté que lorsqu’un programme public est présenté comme destiné à soutenir les jeunes entrepreneurs, il faut pouvoir connaître le nombre de projets financés, les entreprises réellement créées, les emplois générés ainsi que le taux de survie de ces entreprises, soulignant qu’il ne suffit pas d’annoncer un programme, mais qu’il faut démontrer son impact. ACP/Lu/Nt

