Kinshasa, 8 avril 2026 (ACP).- Un appel à une synergie nationale pour la valorisation des innovations scientifiques a été lancé par l’Incubateur du Génie Scientifique Congolais (IGSC), structure du Ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations (ESURSI) en République démocratique du Congo (RDC), selon un document parvenu mercredi à l’ACP.
« Nous devons travailler ensemble. Les Congolais sont intelligents et riches en idées. Nous disposons de nombreuses ressources, que ce soit dans nos forêts, nos champs ou notre quotidien. La transformation des ressources locales constitue un levier essentiel pour améliorer les conditions de vie des populations», a déclaré le professeur Antoine Tshimpi, Coordonnateur de l’IGSC, cité dans le document.
Il a insisté sur le fait que la production scientifique ne suffit pas en elle-même, appelant à une meilleure vulgarisation des innovations et à la nécessité de convertir ce potentiel en opportunités économiques réelles.
Le professeur Tshimpi a également relevé que de nombreux chercheurs congolais produisent des résultats pertinents, mais que ceux-ci restent souvent peu visibles et inexploités. Il a, à cet effet, plaidé pour une recherche appliquée, accompagnée d’un processus de développement permettant d’aboutir à des solutions concrètes.
Expliquant le concept d’incubateur, il l’a comparé à une couveuse qui accompagne les œufs jusqu’à leur éclosion, image illustrant le rôle d’accompagnement des innovations, inventions et résultats de recherche, depuis leur conception jusqu’à leur maturation.
Il a rappelé que, pendant longtemps, les travaux scientifiques réalisés dans les universités et centres de recherche étaient souvent laissés sans valorisation, faute de structures adaptées. Pourtant, ces recherches sont susceptibles d’apporter des solutions aux problèmes concrets de la société, notamment dans le domaine alimentaire.
Pour remédier à cette situation, des efforts sont actuellement entrepris selon lui, en vue de mettre en place des structures capables de détecter, accompagner et valoriser les innovations, y compris dans les zones les plus reculées du pays.
« Il est essentiel de récupérer ces idées et de les accompagner afin qu’elles deviennent une véritable richesse pour le pays », a-t-il affirmé, soulignant que cette démarche contribuera au développement économique et industriel national.
Forte dépendance des produits importés
Par ailleurs, le coordonnateur de l’IGSC a déploré la forte dépendance aux produits importés, alors que des alternatives locales pourraient être développées, y compris dans des secteurs comme le recyclage.
Enfin, il a insisté sur la nécessité de bâtir un écosystème structuré de l’innovation, capable de donner une portée nationale, voire internationale, aux productions scientifiques congolaises.
Il a ainsi encouragé les chercheurs à orienter leurs travaux vers des innovations pratiques répondant aux réalités locales.
L’IGSC, est mise sur pied par la Ministre de l’ESURSI,professeure Marie -Thérèse Sombo pour valoriser les résultats de la recherche à travers cet incubateur et apporter des solutions idoines pour contribuer au développement durable du pays.
La Ministre de tutelle a à cet effet, lancé une série de formations des incubateurs, entrepreneurs, des étudiants, des décideurs politiques, des chercheurs et autres acteurs de développement, prévue du 10 mars au 31 juillet 2026.
Ainsi, l’IGSC tient chaque jeudi, vendredi et samedi, de 15 heures à 17 heures, à l’Institut supérieur pédagogique (ISP-Gombe) à Kinshasa, capitale de la RDC, des séances de formations des formateurs sur les innovations congolaises. ACP/C.L.

