RDC : enjeux éthiques et juridiques de l’intelligence artificielle dans la littérature contemporaine 

Kinshasa, 25 novembre 2025 (ACP), – Les défis éthiques et juridiques posés par l’usage croissant de l’intelligence artificielle dans la création littéraire ont été présentés, mardi à Kinshasa, lors d’un échange avec l’ACP, par un écrivain, dans la perspective d’élaborer un cadre normatif adapté à cette réalité du secteur du livre en République démocratique du Congo.

« Il faut anticiper sur les problèmes moraux et éthiques que suscite l’IA dans le domaine littéraire, et qui prendront de l’ampleur dans les années futures. On peut raisonnablement se demander qui est le véritable auteur d’un texte généré par l’IA : l’écrivain qui signe le livre, l’IA qui en a produit une partie ou la totalité, ou même toute personne ayant mis en ligne les informations reprises par l’outil ? », a déclaré l’écrivain Tiguy Elebe, estimant que cette interrogation ouvre un vaste débat éthique.

L’écrivain a rappelé que la littérature demeure un domaine fondé sur la vérité et l’authenticité : « Il y a des valeurs éthiques à préserver. La vérité littéraire ne peut s’accommoder que de ce qui est authentique », a-t-il ajouté.

Selon lui, même si l’usage de l’IA dans l’écriture reste largement entouré de tabous, son influence s’impose peu à peu dans l’ombre. De nombreux auteurs y recourent pour trouver l’inspiration, améliorer un texte ou en générer des passages, mais peu l’admettent ouvertement, par souci de préserver leur image ou leur talent supposé.

Tiguy Elebe estime que l’intelligence artificielle, loin d’être une menace, constitue aussi une opportunité de démocratisation. Elle facilite l’accès à l’écriture pour des profils longtemps marginalisés : jeunes auteurs, autodidactes, écrivains amateurs ou personnes vivant dans des zones dépourvues de structures éditoriales.

« L’IA ouvre un espace littéraire plus inclusif et peut enrichir la production africaine en révélant des voix jusque-là invisibles », a-t-il expliqué.

Il a plaidé néanmoins pour un encadrement clair, afin que l’IA reste un outil au service de la création. « L’écrivain doit demeurer maître de son œuvre. L’IA ne peut remplacer la sensibilité, la conscience ni la vision créatrice. Elle assiste, mais ne crée pas par elle-même », a-t-il conclu. ACP/V.L.

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