Kinshasa, 29 juillet 2026 (ACP).- Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a été appelé à augmenter la production locale, réduire les importations et aménager les routes de desserte agricole pour valoriser le franc congolais, par un expert financier, interrogé lundi par l’ACP, sur cette question cruciale d’actualité.
« Le Gouvernement devra limiter la dépendance des exportations des produits à grande consommation en augmentant la production locale, traduisant en acte la révolution du sol sur le sous-sol, en mettant en place tous les mécanismes pour stabiliser la monnaie et augmenter le pouvoir d’achat. Ces mesures feront que le franc congolais sera valorisé et la population pourra en avoir confiance », a déclaré Dieudonné Mirimo, secrétaire général administratif et financier à l’Ecole de formation électorale en Afrique Centrale (Efeac).
Selon lui, le gouvernement doit stabiliser le marché des changes en ajustant l’offre et la demande de dollars. Pour cela, la Banque centrale du Congo (BCC) devrait proposer un meilleur taux de change plus attractif que celui des cambistes informels. L’expert a préconisé également de restaurer la confiance dans le franc congolais et d’instaurer une discipline budgétaire en réduisant les dépenses publiques.
Parlant de réformes structurelles à court terme, Dieudonné Mirimo a proposé de réduire le déficit budgétaire chronique ; produire et exporter plus que ce qu’on importe et instaurer le système financier qui fait confiance au franc congolais.
Il a également insisté sur la nécessité d’aménager les routes de desserte agricole ainsi que les voies ferrées, avant de signifier que le fleuve Congo et plusieurs de ses affluents sont des « autoroutes naturelles ».
80% des produits de grande consommation sont importés
Par ailleurs, cet ancien fonctionnaire au ministère des Finances a fait savoir que : « 80% des produits de grande consommation +carburant, médicaments, matériels, riz, maïs, huile, poulet, viande, lait+ sont importés car nous ne produisons pas pour l’autosuffisance alimentaire et nous n’exportons rien à part les minerais dont les prix sont fixés sur le marché international ».
Il a ajouté que pour importer, il faut avoir les devises et le dollar est devenu la monnaie de refuge. « La population n’a pas confiance dans le franc congolais, elle considère ne pas avoir de la valeur », a-t-il dit.
Pour M. Mirimo, il faut une bonne coordination entre la politique budgétaire du gouvernement et la politique monétaire de la BCC car si les dépenses publiques sont élevées combinées à la volatilité des recettes minières qui dépendent du cours des matières premières (dont la baisse des prix réduit l’entrée de dollars dans le pays) cela va entrainer le déficit budgétaire.
Les Causes de volatilité du franc congolais
En outre, Dieudonné Mirimo a évoqué les principales causes qui justifient la volatilité du franc congolais. « Le fait de ne pas produire ce que nous consommons a pour conséquence une demande permanente du dollar pour assurer les importations. Le recours à la planche à billets; l’insuffisance de réserves de change à la BCC (Les pays stables ont entre 6 à 9 mois d’importation en réserves); ainsi que la dollarisation de notre économie », a-t-il énuméré.
Parlant des principaux indicateurs à surveiller, il a mentionné l’inflation et la stabilité des prix, le niveau des réserves de change de la BCC en mois d’importation, la balance commerciale et les prix des matières premières, ainsi que le déficit budgétaire et le financement monétaire.
Il a, à cette occasion, invité la RDC à s’inspirer des pays comme la Bolivie et le Pérou qui ont réussi partiellement la dédollarisation.
ACP/A

