RDC : l’éducation financière recommandée pour faciliter l’accès des femmes aux financements

Kinshasa, 09 mars 2026 (ACP).- La nécessité de renforcer des programmes d’éducation financière et les campagnes d’information afin de permettre aux femmes de comprendre les mécanismes d’accès aux financements, a été recommandée lundi, par le directeur général de Target sarl, lors d’un point de presse tenue à Kinshasa, (capitale de la République démocratique du Congo).

 « Bien que des avancées soient enregistrées dans certains domaines liés à la promotion des droits des femmes, entre 2024 et 2026, l’accès aux sources de financement demeure encore limité pour une grande partie d’entre elles. L’éducation financière et la circulation de l’information restent essentielles pour améliorer l’accès des femmes aux ressources financières », a déclaré Serge Mumbu, directeur général de Target Sarl, lors du point de presse  consacré aux résultats de l’étude sur la perception de l’évolution des droits des femmes en RDC.

Il a expliqué que le premier obstacle reste le manque d’information, notamment au niveau des réseaux permettant d’accéder aux opportunités financières. « Beaucoup de femmes ne disposent pas de l’information nécessaire pour accéder aux sources de financement », a-t-il fait savoir.

M. Mumbu a également relevé que certains produits financiers proposés par les institutions ne sont pas toujours adaptés aux besoins réels des femmes entrepreneures, en particulier celles évoluant dans les petites activités génératrices de revenus.

En outre, il a évoqué le cas des femmes exerçant de petites activités commerciales. « Certaines femmes qui vendent, par exemple, des beignets n’ont pas besoin de crédits de 5.000 dollars, ni d’exigences telles que des garanties hypothécaires pour bénéficier d’un financement », a-t-il indiqué.

Pour lui, les institutions financières devraient adapter les conditionnalités et proposer davantage de produits financiers, notamment des microcrédits, correspondant aux réalités économiques de ces femmes.

Il a, enfin, insisté sur l’importance de l’éducation financière et de la diffusion de l’information afin de permettre aux femmes d’accéder plus facilement aux financements et de développer leurs activités économiques. 

Plaidoyer pour l’application stricte des lois contre les violences

Par ailleurs, Serge Mumbu a fait savoir que les indicateurs sur les droits des femmes en RDC, entre 2024 et 2026, montrent une régression, un sentiment particulièrement ressenti par les femmes elles-mêmes.

 « Les chiffres globaux restent quasiment les mêmes, mais moins de femmes estiment qu’il y a une évolution. Cela montre qu’il faut décentraliser les actions, car elles restent trop souvent cosmétiques et réservées à une élite, alors que la majorité des femmes, notamment celles vivant dans les zones rurales, ne ressentent pas ces progrès », a-t-il expliqué.

Pour redresser la situation, il a insisté sur l’application stricte des lois existantes, en particulier pour les cas de violences et de mariages forcés. « Les lois existent, mais elles doivent être appliquées. Nous devons veiller à ce que les personnes accusées de viol ou d’autres violences ne puissent échapper à la justice, comme cela arrive parfois lorsqu’elles sont incarcérées brièvement à la prison de Makala avant d’être libérées », a-t-il indiqué. ACP/JF

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