Kinshasa, 15 novembre 2025 (ACP). – Les obstacles liés à l’intégration de l’économie informelle dans le système formel en République démocratique du Congo (RDC), notamment les lourdeurs administratives, ont été relevés, vendredi à Kinshasa, la capitale, par un spécialiste en leadership économique, lors d’un entretien avec l’ACP.
« Les obstacles majeurs liés à l’intégration de l’économie informelle dans le système formel sont, entre autres, les lourdeurs administratives, l’absence d’incitations fiscales adaptées et le faible accès au financement », a déclaré le Dr Billy Issa, fondateur de l’Africa Economic Forum (AEF).
« L’enjeu n’est pas seulement économique : c’est aussi une question de gouvernance, de vision politique et de capacité de l’État à adapter ses mécanismes aux réalités du terrain. La création d’une micro-entreprise demeure complexe en raison de procédures opaques, de guichets éloignés et de multiples tracasseries », a-t-il ajouté.
Il a expliqué que les taxes et redevances perçues auprès des commerçants informels, notamment les tickets journaliers et les “taxes de rue”, ne leur garantissent ni statut légal ni protection, ce qui entretient, selon lui, la méfiance envers l’administration. « À cela s’ajoute le manque d’accès au financement : dans l’informel, près de 88 % des unités productives reposent uniquement sur l’épargne personnelle, selon un rapport du FMI », a-t-il dit.
« Lorsque le coût non officiel de la régularité dépasse les bénéfices attendus, beaucoup préfèrent rester dans l’informel », a-t-il fait remarquer.
Pour une intégration progressive des acteurs informels, le Dr Issa a proposé plusieurs pistes, notamment la digitalisation des procédures administratives et l’installation de guichets uniques de proximité dans les grands marchés tels que Gambela, Zando et Bitabe, afin de faciliter l’enregistrement des activités.
Il a également plaidé pour une planification de l’extension des marchés afin de répondre à la croissance démographique sans recourir à des opérations de démantèlement. « Construire des halls marchands dans les zones densément peuplées, avec des espaces réservés aux vendeurs informels, permettrait une transition ordonnée », a-t-il estimé.
Le même expert a salué l’initiative récente du gouvernement, coordonnée par la Première ministre Judith Suminwa, qui a permis à « 350 entrepreneurs informels d’intégrer la légalité ». Il a toutefois appelé à l’élargissement des programmes de formation, de micro-crédit, de micro-assurance et d’encadrement fiscal afin de renforcer durablement la formalisation.
ACP/UKB

