RDC : l’industrie pharmaceutique présentée comme un secteur d’opportunités pour l’investissement privé

Kinshasa, 18 octobre 2026 (ACP).- L’industrie pharmaceutique a été présentée samedi comme un secteur d’opportunités pour l’investissement privé en République démocratique du Congo (RDC), notamment dans la production, la distribution et la commercialisation des médicaments, en marge du 23ᵉ Congrès annuel de la Société congolaise d’ophtalmologie (SCO), à Kinshasa (capitale du pays).

« L’industrie pharmaceutique constitue un secteur d’opportunités pour l’investissement privé en RDC, notamment dans la production et la distribution des médicaments », a déclaré Dr Placide Malondo, pharmacien et responsable pays du laboratoire Orchidia en RDC.

Il a expliqué que le développement de ce secteur reste tributaire des conditions d’approvisionnement, des coûts de transport et des frais de dédouanement, qui peuvent peser sur les prix des médicaments et la compétitivité des entreprises.

Selon Dr Placide Malondo, la lenteur des circuits logistiques peut entraîner la réception de certains lots à une date proche de leur péremption, exposant l’entreprise au risque de devoir retirer des produits du circuit de distribution.

Il a plaidé pour un traitement fiscal et douanier adapté aux médicaments, estimant que l’amélioration des conditions d’importation pourrait contribuer à maîtriser les coûts et à faciliter l’accès aux produits pharmaceutiques.

Dr Malondo a fait savoir que ce laboratoire dispose d’un réseau de distribution couvrant notamment Kinshasa, Kisangani, l’espace katangais, les deux provinces du Kivu, le Kongo Central et l’ancienne province du Bandundu.

Spécialisé dans les médicaments ophtalmiques, notamment les collyres, les gels et les solutions, le laboratoire Orchidia s’approvisionne principalement en Europe, particulièrement en France.

Transport maritime, un défi

De son côté, Nick Mbewa, déléguée médicale de la firme pharmaceutique Arauphar SARL, a également relevé les opportunités d’investissement dans la production et la distribution des médicaments en RDC.

Elle a indiqué que son entreprise dispose d’un site de production en Inde et distribue ses produits en RDC par l’intermédiaire de dépôts pharmaceutiques et de représentants présents dans plusieurs provinces du pays. Elle a toutefois souligné que les délais du transport maritime peuvent provoquer des ruptures de stock.

Mme Mbewa a plaidé pour l’amélioration du climat des affaires, notamment par une fiscalité adaptée et la simplification des procédures administratives, afin d’encourager les investissements dans le secteur pharmaceutique.

Pour sa part, Laurianne Ibula, pharmacienne superviseure chez Magnus SARL, a présenté les activités de cette entreprise issue d’un partenariat indo-congolais et implantée en RDC depuis 2013.

Elle a précisé que la société commercialise notamment des collyres, des antibiotiques, des antipaludiques et certains médicaments psychotropes importés d’Inde, distribués par l’intermédiaire de dépôts pharmaceutiques, de grossistes et de pharmacies partenaires.

La production locale confrontée à des difficultés douanières et d’approvisionnement

Abordant la question de la production locale, Aurlus Mbekele, responsable marketing du laboratoire Bis Sarlu, a expliqué que son entreprise importe des molécules actives avant de procéder à leur formulation et fabrication en RDC, sous la supervision d’un pharmacien congolais.

M. Mbekele a évoqué des difficultés douanières liées à l’importation de certaines molécules et matières d’emballage, ainsi que des contraintes d’approvisionnement susceptibles de réduire la compétitivité des producteurs locaux. Il a appelé à faciliter l’accès aux matières premières nécessaires à la fabrication nationale.

Selon lui, le laboratoire produit plusieurs gammes de médicaments destinés notamment à l’ophtalmologie, neurologie, oto-rhino-laryngologie (ORL), pédiatrie et à gynécologie.

Les différentes interventions ont ainsi mis en évidence les possibilités d’investissement dans l’industrie pharmaceutique congolaise, mais aussi les conditions nécessaires à son développement, notamment l’amélioration de la logistique, l’adaptation des procédures douanières, la maîtrise des coûts et le renforcement de la production locale.

Les exposants se sont dits satisfaits de l’organisation, ainsi que les différentes thématiques abordées dans ce congrès.

Ténu du 16 au 17 octobre, ce 23e congrès annuel de la SCO placé sous le thème : « santé  oculaire et défis  de la  couverture santé universelle », a connu la participation  des spécialistes et professionnels de santé afin d’échanger sur l’accès et les enjeux des soins oculaires en RDC.

ACP/Nsh./Taw.

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