Kinshasa, 03 décembre 2025 (ACP).- La mise en place d’une institution financière dédiée au développement de l’entrepreneuriat des femmes congolaises a été recommandée, mercredi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, lors d’un panel organisé par l’Association Femmes d’Exception du Congo (FDEC) à la deuxième édition des « Rencontres d’exception».
« Nous recommandons aux associations, aux regroupements et au gouvernement d’engager dès maintenant une réflexion stratégique sur la mise en place d’une institution financière pour développer l’entrepreneuriat des femmes. Car, dans l’état actuel, elles ne peuvent pas se mobiliser seules pour mettre en place des structures ou une institution financière. Les entrepreneurs ont un rôle à jouer, mais les entrepreneures peuvent se regrouper et acquérir l’expertise nécessaire pour faciliter la mise en place de cette structure, qui devra être initiée par le gouvernement », a déclaré Célestin Mukeba Muntuabu, Directeur général de la Caisse générale d’épargne du Congo (CADECO).
Au cours de ce panel sur le thème « Inclusion financière et souveraineté économique : pour une banque de développement dédiée aux femmes congolaises », l’intervenant a indiqué qu’il est essentiel que les femmes se structurent et se regroupent en associations pour renforcer leur poids économique, car cela permettra de booster l’inclusion financière en RDC.
« Je pense qu’il est important que ces femmes se structurent. Pourquoi se structurer ? Parce que l’union fait la force. Si elles se regroupent en associations et en mouvements économiques, cela permettra de renforcer l’inclusion financière et de leur donner plus de chances de bénéficier des financements », a-t-il ajouté.
M. Célestin Mukeba Muntuabu a signifié que l’éducation financière constitue un pilier essentiel. « La formation des femmes dans l’entrepreneuriat ou en inclusion financière n’est pas synonyme d’être lettré ou d’avoir des connaissances universitaires. Il existe une grande différence entre les deux. Même des universitaires ou des chefs d’entreprise ne sont pas toujours lettrés financièrement », a-t-il précisé.
La création d’une banque de développement suggérée
Par ailleurs, la création d’une banque de développement congolaise permettant aux femmes entrepreneures d’accéder plus facilement aux financements a également été recommandée, compte tenu de l’absence d’une telle institution dans le paysage financier national, a été suggérée lors de ces assises.
« Je souhaite vivement l’avènement d’une banque de développement pour les femmes. Dans le paysage financier congolais, nous avons des banques commerciales et une banque d’affaires, mais aucune banque de développement capable de mettre en place des départements et des produits adaptés aux besoins des femmes », a fait savoir Julie Nsuele Manika, entrepreneure et experte en communication.
Elle a également rappelé le potentiel important du marché féminin : « les femmes représentent 52 % de la population congolaise. Les Petites et moyennes entreprises (PME) constituent près de 80 % de l’économie nationale, et parmi elles, 43 % appartiennent à des femmes. Cela montre l’ampleur du potentiel, tant en nombre qu’en activité ».
Mme Nsuele Manika a déploré « l’asphyxie fiscale » qui décourage de nombreuses femmes de se formaliser : « lorsqu’une femme entrepreneure se formalise, elle est exposée à la tracasserie administrative, au chevauchement des taxes fiscales et parafiscales. Cela freine la formalisation ».
Selon elle, une banque de développement pourrait accompagner les femmes dans la formalisation de leurs structures et entreprises, en proposant des conditions souples d’accès aux services financiers, rapprochant ainsi davantage les femmes des institutions bancaires et de produits adaptés à leurs besoins.
Il sied de signaler que ce panel a été organisé dans l’objectif d’échanger et de débattre afin d’informer et de sensibiliser sur l’importance de l’inclusion financière des femmes comme outil d’autonomisation économique, de souveraineté nationale et d’innovation sociale.
ACP/UKB

