RDC : nécessité de réformer le microcrédit pour accompagner les PME

Kinshasa, 25 mars 2026 (ACP).– La nécessité de réformer de microcrédit pour mieux accompagner les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que les petites et moyennes industries (PMI) a été évoquée au cours d’une conférence nationale tenue mardi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), a appris l’ACP mercredi d’un communiqué.

« Notre système de financement reste largement centré sur les crédits de microfinance et demeure inadapté pour accompagner efficacement nos jeunes PME et PMI », a déclaré Justin Kalumba Mwana-Ngongo, ministre de l’Entrepreneuriat et du développement des PME, cité dans le communiqué.

« Le Système bancaire traditionnel, encore dominant, demeure peu adapté aux réalités des entreprises en phase d’idéation (démarrage). Les startups, PME et PMI innovantes éprouvent des difficultés à mobiliser des capitaux, en raison notamment du manque de garanties, de l’absence d’historique financier et d’un environnement d’investissement encore peu structuré », a-t-il ajouté.

Pour le ministre, cette réforme est stratégique. « La promotion de l’entrepreneuriat vise à assurer la création d’emplois massifs et durables ainsi que la reconquête de la souveraineté économique ».

Il a, par ailleurs, salué la vision du Président de la République, Félix Tshisekedi, qui place l’entrepreneuriat au cœur des priorités nationales depuis 2025.

Au cours de ces échanges, les intervenants ont dressé un panorama des mécanismes de financement innovants expérimentés en Europe et ailleurs en Afrique, démontrant les opportunités qu’offre la RDC grâce à sa démographie dynamique, susceptible de soutenir l’émergence de nouveaux modèles économiques et financiers, a-t-on lu.

L’Union européenne, partenaire stratégique du gouvernement congolais, a réitéré, lors de ces assises,  son engagement à accompagner le pays dans l’amélioration du climat des    affaires et la stimulation de l’investissement privé, a indiqué la même source.

Les faiblesses du système financier et ses impacts économiques

De son côté, André Wameso, gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), a dressé un diagnostic sans complaisance du système financier national.

« Un déficit important en infrastructures, notamment l’énergie, l’Internet et le réseau routier, ainsi que des taux d’intérêt élevés, la faiblesse des garanties et une insuffisance de la culture financière », a-t-il dit.

Cette initiative, selon le communiqué, s’inscrit dans la dynamique des réformes impulsées par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka visant à bâtir une économie plus stable, durable et compétitive, en faisant de l’entrepreneuriat un pilier central du développement économique national.

« La conférence s’est clôturée par la signature symbolique d’un arrêté ministériel visant à opérationnaliser des politiques de financement dédiées aux startups ainsi qu’aux PME et PMI innovantes », a-t-on conclu.

ACP/UKB

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