Kinshasa 30 janvier 2026 (ACP).-La troisième phase du programme SECAL III, initiée en 2023 à Kasangulu, au Kongo central dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo, a contribué à l’amélioration des conditions de vie de 3.391 ménages agricoles, avec l’appui financier de la NORAD via Caritas Norvège, selon une source administrative contactée vendredi par L’ACP.
«Dans les villages du Territoire de Kasangulu, les visages des paysans s’illuminent. Depuis le lancement en 2023 de la troisième phase du programme SECAL III, financé par NORAD via Caritas Norvège et mis en œuvre par Caritas Kisantu, la vie de plus de 3.391 ménages a pris une nouvelle tournure. Des terrains rendus disponibles.
Pendant longtemps, l’accès à la terre était un casse-tête» a déclaré Freddy Masakidi Mambu, ingénieur agronome et chargé du programme.
«Les grands concessionnaires gardaient des hectares inexploités, laissant les petits producteurs sans espace. Grâce au plaidoyer du programme, plusieurs propriétaires ont accepté de céder des parcelles pour les cultures vivrières et même pluriannuelles comme le bananier et l’ananas. Aujourd’hui, nos ménages n’ont plus de problème d’accès à la terre », a-t-il ajouté
Dans le cadre de la diversification des activités agricoles, de nouvelles initiatives voient le jour dans le territoire de Kasangulu, apportant à la fois innovation et opportunités économiques aux ménages ruraux.
«À Mvululu, un général a offert 100 hectares pour l’apiculture. Les ruches s’installent, et les familles découvrent une nouvelle source de revenus. Non loin de là, une trentaine de ménages se lancent dans l’élevage de chenilles, introduit en 2024. Une pratique qui enrichit l’alimentation en protéines et ouvre des perspectives économiques inédites» a-t-il précisé
Et de renchérir : «Ménage Niansa récolte l’aubergine
Les jeunes couples osent désormais cultiver tomates, aubergines, et poivrons en pleine saison des pluies, défiant les habitudes locales. Les méthodes agroécologiques – paillage, zéro labour, cultures en savane – remplacent peu à peu le brûlis. Dans certains villages, des comités ont déjà reboisé 16 hectares, preuve que la conscience environnementale progresse»
L’eau potable, un bien partagé
Au-delà du soutien à l’agriculture, le programme SECAL III améliore également l’accès aux ressources de base, apportant des solutions concrètes aux besoins quotidiens des populations rurales.
«Source d’eau aménagée dans le Secteur de Kasangulu, localité de Kinsiona. Au-delà des champs, SECAL III s’attaque aussi à l’accès à l’eau. Des sources aménagées dans les secteurs de Luila et Kasangulu desservent aujourd’hui plus de 2.250 ménages, membres ou non du programme. Un geste qui change la vie quotidienne des familles» a-t-il indiqué
Dans une démarche de renforcement de l’autonomie économique, le programme SECAL III encourage l’épargne et l’entrepreneuriat, permettant aux ménages ruraux de diversifier leurs activités et de consolider leurs revenus.
Épargne et entrepreneuriat
Les AVEC (Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit) et les microfinances locales stimulent l’initiative. Boutiques, moulins, fabrication de chikwangue : les ménages diversifient leurs revenus. Même si la méfiance freine encore certaines AVEC, les résultats sont visibles» a-t-il dit.
Le problème foncier reste sensible
«Chaque succession de propriétaire exige de nouvelles négociations. La qualité des semences, jugée insuffisante, limite les rendements. Et les tracasseries administratives compliquent parfois la tâche» a-t-il relevé.
« L’appui de NORAD et Caritas Norvège a boosté l’agriculture. Les paysans s’organisent désormais pour défendre leurs intérêts. Plus nous serons soutenus, plus nous les emmènerons du point inférieur au point supérieur. » a-t-il conclu. ACP/

