Kinshasa, 13 mai 2026 (ACP) .– Un appel a été lancé à la jeunesse de la République démocratique du Congo à prendre
le flambeau pour pérenniser les acquis des 40 ans des Journées congolaises de théâtre pour et par l’enfance et la jeunesse (JOUCOTEJ), lors de la cérémonie de lancement mercredi à Kinshasa la capitale.
« Je profite de cette opportunité pour lancer un appel à la jeunesse congolaise : prenez le flambeau pour pérenniser ce festival. Il s’agit avant tout du travail de transmission que nous menons. Ce que nous avons appris et pratiqué, nous le transmettons aux jeunes afin que demain, ils soient plus puissants que nous », a déclaré Valentin Mitendo, metteur en scène congolais et président du festival Joucotej, lors de l’ouverture à la salle de spectacle du Collège Boboto.
« Nous nous sommes formés nous-mêmes et nous avons formé les autres. Quand j’ai commencé les Joucotej, j’avais tout au plus 27 ans. Aujourd’hui, je ne suis plus un enfant : j’ai plus de 70 ans », a-t-il ajouté. L’objectif, selon lui, est que les jeunes prennent cette activité comme un élément clé pour l’avenir.
40 ans de travail et des chiffres à l’appui
Valentin Mitendo a livré un bilan chiffré du festival en ces termes : « Depuis 40 ans, nous avons vu 264 spectacles. Et
vous, les artistes du Congo, vous avez créé 1 170 spectacles. Tout cela a rassemblé plus de 175 000 spectateurs. Au-delà,
les Joucotej numériques ont touché des millions de spectateurs ».
Les journées se tiennent du 13 au 16 mai dans plusieurs centres de la capitale, notamment le Centre culturel Boboto,
le Centre culturel congolais Le Zoo, le CIAJ, ainsi que dans plusieurs écoles.
La compagnie Théâtre des Intrigants a ouvert le festival avec le spectacle ‘’Kinshasa, victoires d’Afrique’’, consacré à la
contribution de la RDC à la libération du continent. Les spectacles présentés par les élèves exploitent des thèmes
liés aux objectifs de développement durable. Le public a répondu présent, avec une salle comble dès le premier jour.
L’État Congolais interpellé
Le président du festival a salué la mobilisation du public tout en déplorant l’absence des autorités culturelles. « Je suis très étonné de constater que, comme d’habitude, les enfants sont là et la salle est pleine. Comme d’habitude, les spectacles se sont bien déroulés, et c’est quelque chose d’extraordinaire et de très intéressant », a-t-il-dit, avant de poursuivre : « aux autorités du pays, je dis : il faut ouvrir l’œil.
Après 40 ans d’exercice, vous avez une idée du genre de personnes qui se battent pour ce projet ».
Valentin Mitendo a cependant appelé l’État congolais à marquer son soutien, ne serait-ce que symboliquement : « Il faut un moment que l’État ouvre l’œil et constate qu’un travail de fond se fait pour les jeunes, pour l’avenir des élèves.
Il a intérêt à intervenir, ne serait-ce que symboliquement », a-t-il affirmé.
« Nous restons optimistes. Si l’ouverture a raté, peut-être qu’à la clôture, l’État sera présent. L’essentiel est qu’il nous voie, qu’il voie le travail que nous faisons », a-t-il conclu.
Créée en 1982, la Compagnie Théâtre des Intrigants organise le festival et promeut le théâtre professionnel en RDC.
Elle crée des spectacles de qualité, les diffuse et mène des tournées nationales et internationales.
ACP/C.L.

