Culture : plaidoyer pour la subvention d’un centre culturel à Kinshasa

Kinshasa, 23 août 2026 (ACP).- Le centre culturel « Ndaku ya La Vie est Belle » a lancé, samedi à Kinshasa, un plaidoyer auprès du ministère de la Culture, Arts et Patrimoine pour la sauvegarde de cet espace dédié à l’encadrement, à la formation et à l’éducation culturelle de la jeunesse congolaise, lors d’un point de presse organisé en marge de la 10ème édition du festival KinAct.

« Je pense que nous, en tant qu’artistes, devons faire savoir cette situation à ceux qui nous entourent, parce que nous pensons que c’est un problème d’artistes, mais en réalité, ça touche vraiment toute la couche de la société kinoise », a fait savoir Eddy Ekete, initiateur du projet KinAct.

« Donc, c’est ainsi que je demande à ceux qui vont nous écouter, ceux qui vont nous suivre, de pouvoir comprendre cette réalité, parce que nous faisons partie des gens qui contribuent notamment à l’économie, au développement et à la culture du pays », a-t-il ajouté.

Selon lui, la perte de cet espace culturel pourrait entraîner la dispersion de nombreux talents et priver la jeunesse congolaise d’un cadre destiné à son encadrement et à sa formation artistique.

« Donc, si nous perdons cet espace, je pense que nous perdons non seulement l’espace des artistes, mais nous perdons aussi le côté économique, nous perdons aussi le côté culturel. Le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine, qui a besoin de la production des artistes et de toutes les structures qui marchent avec la politique culturelle, sera touché directement », a expliqué Eddy Ekete.

Lors de ce point de presse, l’artiste a présenté cette situation aux passionnés de la culture, appelant les personnes de bonne volonté ainsi que les autorités compétentes à contribuer à la sauvegarde de ce patrimoine culturel.

Pour lui, cette situation ne concerne pas uniquement les artistes, mais constitue également une préoccupation pour la société et le pays. Il a indiqué que les artistes entendent poursuivre leur plaidoyer auprès des autorités jusqu’à la résolution de cette situation.

Par ailleurs, l’initiateur du festival KinAct a souligné que la particularité de cette 10ème édition réside notamment dans la volonté de maintenir l’unité entre les artistes issus de différentes disciplines, afin de promouvoir une culture congolaise positive et déterminée.

Historique du festival KinAct

Revenant sur l’origine du festival KinAct, Eddy Ekete a expliqué que le projet était, à ses débuts, une expérimentation artistique destinée à réunir les anciens et les nouveaux performeurs à Kinshasa.

« J’ai eu cette idée parce qu’en fait, je suis parti en France en 2005 et je suis revenu en 2014. Pendant tout ce temps-là, je n’étais pas là et j’ai remarqué que la ville était vraiment très sale. Moi, je venais d’une ville très propre, Strasbourg. Et quand je suis arrivé ici, j’ai été un peu choqué », a-t-il raconté.

La première édition a ainsi été consacrée à l’expérimentation de la performance artistique, considérée par l’initiateur comme un moyen de faire réagir le public à travers différentes formes d’expression.

« L’idée, c’était d’abord la performance. Parce que la performance, pour moi, c’est un art qui parle, qui fait réagir le public par rapport à une photo ou bien une peinture », a-t-il précisé.

Selon lui, l’objectif était également de rapprocher l’art de la population kinoise, en organisant des activités dans des lieux fréquentés par les habitants.

« Pour nous, c’était vraiment de ramener l’art là où il y a les Kinois, parce que les Kinois n’ont pas le temps de venir voir nos activités. Donc, l’idée, c’était quand même de ramener les artistes vers la population, notamment dans les marchés, les rues et parfois dans les églises », a-t-il conclu.

Acp/Ndub.

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