Arts plastiques : l’œuvre « Charnier des innocents », un plaidoyer pour la protection de l’homme

Kinshasa, 24 mars 2026 (ACP).-Un plaidoyer pour la protection de l’homme a été lancé à travers une œuvre d’arts intitulée « Charnier des innocents » du peintre congolais Henri Kalama, exposée au centre culturel Texaf Bilembo, à Kinshasa en République démocratique du Congo(RDC). « Donc +Charnière des innocents+, c’est un plaidoyer pour l’homme, c’est un plaidoyer pour la politique du cœur, en lingala  (Kobatela Bomoto) Ça c’est quelque chose que nous n’avons pas, nous devons avoir cette culture – là de préserver l’homme, de le conserver, pas de le muséifier mais d’en prendre soin », a expliqué le peintre Henri Kalama Akulez.

Il a ajouté : « Cette série plaide pour l’humain, que ce soit la série +Charnière+ qui dénonce les différentes guerres que nous avons connues ici, et principalement la guerre de l’Est. C’est parce qu’on dit toujours que la meilleure façon d’expliquer une chose à une personne, c’est de le mettre devant la réalité elle-même. Si vous montrez la mort, si vous montrez ces corps écartelés, ces corps qui crient à la rescousse ou ces corps qui nous culpabilisent, parce que comme vous le savez, nous sommes tous des auteurs des zones de guerre ».  Selon le peintre Henri Kalama, le « Charnier des innocents » est une série d’engagement social qui aborde la mémoire des violences marquant l’histoire récente de la République démocratique du Congo, en particulier, les conflits persistants dans l’Est du pays.  Pour lui, cette œuvre interroge les formes de représentation possibles face à l’irréparable de la guerre. Dans un processus abstractif, il laisse émerger, au cœur d’une matière picturale dense et stratifiée, des suggestions de formes proches de la figuration : crânes, fragments osseux, traces des organes.

Une œuvre qui explore les réalités du carré minier

Par ailleurs, dans l’œuvre « Terrain de jeu », l’artiste introduit une dimension engagée de son œuvre. Elle explore les réalités qui se font dans le carré minier dont l’homme est victime. Henri Kalama y interroge le sens d’appartenance territoriale dans des contextes marqués par des rapports de domination économique.  A travers ce tableau, il a fait savoir que les territoires et les ressources vitales apparaissent alors comme un terrain de jeu d’intérêts économiques globaux, révélant les tensions entre les populations locales et les logiques extractives internationales.

« Alors,  la série +Terrain de jeu+ qui dénonce un peu le fait aussi qu’on ne s’occupe pas de l’homme parce qu’on vient négocier des terrains qui abritent des hommes, on ne voit pas les habitants parce qu’on voit les sous-sols. Donc c’est juste appelé au partage et un plaidoyer pour l’homme pour savoir comment en occupe, mais qu’on puisse occuper et que la richesse soit créée pour le bénéfice de l’homme », a précisé l’artiste.

L’artiste conclut avec de « Présence-Absence » à « Charnier des innocents », en passant par « Terrain de jeu », l’exposition « Abstraire » rassemble principalement de nouvelles œuvres issues de ces trois séries. Cette exposition marque un tournant important du parcours artistique. Elle inaugure un cycle de quatre expositions prévues au cours de l’année, offrant une lecture approfondie de plusieurs séries significatives de son œuvre.ACP/

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