Kinshasa, 10 juillet 2026 (ACP).- Bakutu, figure féminine célébrée à travers plusieurs succès de la rumba congolaise des années 1980, est devenue l’une des héroïnes les plus marquantes de l’histoire musicale de la République démocratique du Congo, selon une rétrospective consacrée aux « Héroïnes et Héros dans l’ombre » d’un écrivain suivie lundi dans un forum depuis Kinshasa.
« Muse du bassiste et compositeur Djo Mali, Bakutu a inspiré cinq chansons enregistrées au sein de trois orchestres différents, témoignant de l’attachement de l’artiste à celle qu’il présentait comme une incarnation de la beauté naturelle africaine », a démontré l’écrivain Alain Mabankou.
L’histoire débute en septembre 1981 avec ‘‘Chérie Bakutu’’, titre qui accompagne la naissance de l’orchestre Langa Langa Stars et contribue à son ascension sur la scène musicale zaïroise.
Le morceau connaît un immense succès à Kinshasa comme à Brazzaville, dit-il, où son refrain célèbre la femme noire et sa beauté sans artifice.
Cette inspiration se poursuit avec ‘‘Bakutu bis’’, ‘‘Fleur Bakutu’’ et, en 1985, ‘‘Amour infini Bakutu’’, enregistré à Paris par l’orchestre Choc Stars lors de sa première tournée européenne.
Enregistrée au studio Vévé, a-t-il fait savoir, ‘‘Chérie Bakutu’’ a réuni plusieurs figures emblématiques de l’école Zaïko, notamment Evoloko, Bozi Boziana, Dindo Yogo, Djanana et Espérant, tandis que Djo Mali assure la ligne de basse.
D’après Alain Mabankou, l’intervention parlée de Djanana, devenue culte auprès des mélomanes, ainsi que les récits personnels des chanteurs autour de la muse, ont contribué à renforcer le caractère légendaire de cette œuvre.
Malgré cette place privilégiée dans le patrimoine musical congolais, l’identité de Bakutu reste entourée de mystère. Aucun des titres qui lui sont consacrés ne révèle son identité complète, faisant d’elle une personnalité omniprésente dans la mémoire de la rumba mais quasiment absente des archives historiques.
« Selon plusieurs témoignages relayés par des passionnés de la rumba congolaise, la muse aurait porté le nom de Cécile Bakutu, décédée en 2023. Elle serait la destinataire des chansons de Djo Mali et la sœur de Marie Bakutu. Toutefois, ces informations demeurent à confirmer par des sources historiques ou familiales », a expliqué M. Mabankou.
« Cette histoire rappelle que derrière les grandes œuvres de la rumba congolaise se cachent souvent des femmes dont l’influence sur la création artistique a été immense, mais dont les parcours restent encore largement méconnus », a-t-il conçu. ACP/L.

